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lundi 20 février 2017

Cultus + Antilife + Blackdeath @ Smile café (Liège) 19/02/2017


    Je sais pas ce que j’ai en ce moment, mais les concerts du Dimanche soir me motivent comme un agent SS lors de la nuit de cristal ! Désolé pour la métaphore, la Night of Honor de ce Samedi me fait remporter un certains nombre de points Goldwyn.

    Ce soir, nous avons donc une affiche qui se joue dans un petit café du centre-ville de Liège. Première fois pour moi, et pourtant on m’en avait pas mal parlé. A peine rentré du dimanche, je saute dans ma caisse, un petit crochet sur Lille et c’est parti. Premier constat sur place : c’est dans une rue piétonne, je tourne vingt minutes pour trouver une place et, vu que je suis aussi bon en orientation qu’une manchot excelle dans la masturbation, je prie le Grand Cornu pour que mon GSM tienne le coup avec le GPS piétons. Finalement, ce fut facile et ni une, ni deux, je m’envois une mousse en terrasse chauffée. Second constat : le lieu est excellent, le bar étant situé en retrait de la scène mais non séparée de celle-ci. Ajoute à ça un petit Marduk Dominical qui tourne et tu sens que ça va puer la transpiration ce soir. L’évènement annonçait une vingtaine de personnes mais j’ai l’impression que plus de monde s’est bougé avec une trentaine de personnes présentes. C’est vrai que les concerts du dimanche (tout comme ceux en semaine) motivent pas forcément les gens mais, perso, j’ai quand même 2h45 de route qui m’attendent derrière avec un réveil à 6h le lendemain après avoir passé une nuit de 5h la veille, donc niveau motiv, je pense qu'il est difficile de faire mieux. Quand on aime, j’estime qu’on doit s’investir. Bref, ceci est un autre débat, mais au moins je me dis que ça épure aussi le public, et que les gens ce soir valent le coup.

    Bref, c’est à Antilife de démarrer leur cérémonial sanglant et satanique. Tu dois sûrement déjà savoir mon appréciation du groupe si tu m’as déjà lu et, bien que non chroniqué dimanche dernier, j’avais été les revoir en Belgique. Et y’a pas : leur haine de l’humanité fonctionne toujours. Y’a quelque chose dans lequel je me retrouve à chaque fois que je les vois jouer et c’est un vrai défouloir, alors que je ne bouge pas tant que ça. Disons que c’est tellement intériorisé que je me sens pas « obligé » d’aller bousculer du monde pour que ça suinte la haine. Bien évidement, on est là face à du Black dépressif…mais ô combien violent. Les chansons démarrent bien souvent lentement (Worms ou Shoot in my fucking skull à tout hasard), mais finissent toujours à un moment ou à un autre par éclater dans un flot de blast-beats qui te donne envie de taper les gens autour de toi. Ajoute à ça un pur décor avec os et ce qui m’a l’air d’être des abats de bidoche, et tu sais que tu vas assister à un pur rituel où le groupe invoque Satan afin d’exterminer l’humanité car le dégoût de ces gars envers celle-ci est totalement exacerbé. Et j’en veux pour preuve Psycho, le chanteur, ayant passé son concert de profil à hurler ses lignes de chants suraigues face à un être imaginaire, comme un dialogue avec Lucifer lui-même. Après, si t’as déjà assisté à un de leur concert, tu connais la recette : un des deux gratteux dégoulinant de sang de porc (on le sent, pas de doutes là-dessus), les prières sataniques d’un Psycho totalement possédé, le flingue sorti sur Shoot in my fucking skull, te glaçant le sang lorsqu’il te vise avec, le chanteur qui joue avec du sang pas très hallal, l'intégralité de l'album joué et cette reprise de Dunkelheit. Mais le point culminant du concert restera toujours la violence du batteur qui, en fin de set, avant de jouer la reprise, se jette sur quelqu’un du public. Ce soir, ce fut préalablement sur le bassiste du groupe, puis sur ma gueule. Un défouloir où, me sentant totalement possédé par cette haine envers toute la fange du monde, me permet d’extérioriser tout le mal-être qui suinte dans les tréfonds de mon esprit. Le seul bémol que j’émettrais cette fois-ci serait l’absence de samples (fin, surtout à cause de l'absence du mec qui passe les samples apparemment). Donc pas d’intro, et pas d’interludes entre les chansons.

    Blackdeath était annoncé en « tête d’affiche » mais ont préféré jouer en second. Ça foutra pas le bordel avec Cultus parce que c’est exactement le même line up. Laisse-moi éclaircir comme je peux ton intellect de mollusque : Cultus est un one-man-band de Hollande qui, pour le live, s’entoure des mecs/la batteuse de Blackdeath (Russie). Et ça tombe bien, parce que le gars joue la guitare en live dans Blackdeath. Bref, encore un truc de consanguins pour ceux à qui la Vodka ne suffit plus pour se réchauffer. Une fois les choses mises au clair, parlons musique…Et laisse-moi te dire qu’on en aura vite fait le tour. Troisième fois que je vois le groupe. Les deux premières m’ayant laissé totalement froid à cause de leur son pourri comme pas possible. Première bonne nouvelle : ce ne sera pas le cas ce soir. Mais bon…c’est pas parce tu changes les prostituées que la maison de passe sera plus propre. Après coup, je me suis rendu compte en discutant avec un pote que c’était du War Metal sans Blast-Beat. Du coup, y’a un peu un problème. Franchement, je vais les éviter comme la peste ce groupe parce que je le trouve excessivement surestimé. Du "War metal d'ascenseur" comme il disait justement aha. Aucun intérêt, aucune énergie et des accoutrements ridicules. Ah oui, et puis un bassiste qui joue comme un pur autiste.

    Bref, je préfère passer à Cultus qui m’a bien foutu sur le cul. Grosse découverte de la soirée donc et j’ai un peu de mal à mettre le doigt sur mon ressenti bizarrement. J’y ai trouvé tellement d’influences synthétisées dans ce groupe c’est juste ouf. Déjà, tu sens clairement le riffing classique d’un Darkthrone de la grande  époque, joué en live d’une manière assez incisive et glacée, mais un Darkthrone qui essayerai de constamment de taper des mélodies à la Der Weg einer Freiheit avec l'énergie d’un Marduk (surtout la batterie en fait). Je pars loin mais ça me semble tellement classique et fourni à la fois que je galère à m’y retrouver moi-même. Je songe sincèrement à m’écouter ça à tête reposée parce que si je ressens ça après le concert, c’est que je risque d’y trouver mon compte. Je me suis pas fait chier une seule seconde en tout cas et ça m’a paru vraiment court. Un petit tour sur metal-archives et je vois que le gars officie dans l’art noir depuis 2001 et que la disco est finalement assez aérée. J’ai aussi souvenir que la voix crachait énormément, dans un registre ni trop aiguë, ni trop branlette, et puis j’ai beaucoup apprécié le fait qu’on entendait bien la basse. Monsieur l’autiste prouve qu’il sait quand même jouer, et que c’est son autre groupe le vrai souci aha. Bref, j’ai un peu de mal à développer plus que ça sur Cultus parce que j’ai moi-même du mal à m’y retrouver. Sache que si t’aimes le Black Metal traditionnel et le Black qui t’ajoutes un soupçon de mélodie (une sorte de mix entre la scène finlandaise et un Negator des famille qui aurait abandonné le Trigg et la prod aseptisée), jette-toi sur Cultus qui ajoute un souffle épique sans tomber dans le riff de tapette en version crue et en rendant bien hommage à la scène norvégienne.

    Un Live Report un peu vite expédié aujourd’hui, mais osef, j’ai jamais prétendu être journaliste (je leur chie d’ailleurs cordialement au visage à tous ces branleurs qui se prennent pour des chroniqueurs objectif…C’te blague quoi !) et j’aime écrire quelque lignes sur les petites dates qui ont lieu dans le coin. Et en ce sens je tiens personnellement à remercier Melody et Flocky qui sont deux personnes que j’ai rencontré il y a peu et ont l’air de franchement bien faire vivre la scène de ce côté-là de la Belgique. Merci au Smile café, dommage que ce ce soit si loin, sinon je sens qu’il y en aurait des week-end imbibés là-bas éhé. Et enfin aux gars d’Antilife et de Cultus pour leur prestation mémorable.

Spread the plague : «  Kill yourself, Worship Satan »

samedi 4 février 2017

Ragnard Winter Night @ De Verlichte Geest (Roulers) 02/02/2017


    Quand j’avais 16 ans, je commençais à me prendre la dureté de la vie en pleine face. J'ai commencé à me scarifier les bras, j’avais constamment des idées noires et je cherchais un exutoire. Et puis j’ai découvert le metal extrême (Transilvanian Hunger, Balrog, Gris – Il était une forêt, Belphegor – Bondage Goat Zombie entre autres) et c’est comme si le mal s’accentuait, me confirmant que la vie était noire, impossible de revenir en arrière, que les choses ne pouvaient que s’empirer. J’avais raison dans un sens, sauf sur un point : j’avais enfin trouvé une sorte de catharsis pour évacuer ces idées noires, me permettant de mieux supporter toutes ces merdes qui te tombent dessus, tout en cultivant cette haine de l’humain qui naissait peu à peu au fond de moi. Et une chose en amenant une autre, me voilà à rencontrer les personnes qui ne sont pas loin de penser exactement comme moi, avec une vision des choses en totale adéquation et une conception de la musique totalement similaire. Ça peut t’enfoncer comme te faire supporter les choses en t’évitant le suicide, afin de garder la tête hors de l’eau et pourvoir ainsi diffuser la sacro sainte parole de l’auto-destruction. Eh bien Antilife, c’est exactement ça.

    A 20h, ce Jeudi 02/02/2017, le suicide collectif commence sur l’introduction de leur album (enfin sorti pour l’occasion). Une basse bourdonnante, des rires de bébé…et le claquement sec et létal d’un flingue. Les choses sont claires : bien que la date soit un soutien au festival Ragnard Rock, point de flûtes ou musette, ni de Pagan Black des familles. Psycho, le chanteur, toujours aussi taré, arrive sur scène le bide lacéré (et je n’ai pas souvenir de l’avoir vu autant scarifié). Qu’avons-nous au programme ici ? Si tu me suis un peu, tu ne seras pas sans savoir que j’ai déjà vu à deux reprises Antilife (et je pense avoir déjà pas mal développé le truc dans mes anciens LR), et c’est « sans » surprise que le groupe commence sur Worms, seule chanson qui m’emballait pas trop au début. Seulement, depuis le temps, l’album a tourné autant de fois que la lame sur mes chairs, via bandcamp et youtube, et je la trouve tout simplement énorme, tout comme les enchaînements suivant (Welcome to my (ANTI)life, Bad day...En fait, chaque chanson apporte son lot de haine et de dépression). 

    Alors la recette Antilife est assez simple : du dépressif mais de la haine comme pas possible. Je l’ai déjà précisé auparavant mais jamais je n’ai pu voir un groupe sachant aussi bien allier les deux, les groupes de DSBM ayant tendance à trop miser sur la lenteur et les pleurs de gothiques qui se scarifie à la feuille de papier aha. Ici tu auras droit à de la violence viscérale et un rejet total de la vie au sens humain du terme, un dégoût de ce qui nous pousse à respirer et la gloire de l’auto-destruction. Animé par ces sentiments, le groupes se compose de plusieurs cadavres : deux guitaristes qui t'envoient le riff ou le lead qui percute ton esprit comme la balle sur les fragments de ton crâne, mélodique mais lancinant à la fois et qui te prend aux tripes, un bassiste masqué (que l’on entend d'ailleurs assez bien tout au long du concert), tel un terroriste souhaitant exterminer la totalité de l’humanité, un batteur accoutré de la même façon et qui, à la fin du concert, sort de derrière sa batterie, se déplaçant comme un zombie détruit par la vie et tout son mal-être, avant de trouver sa cible dans le public et se jetant sur lui pour le rouer de coup. Tout le public s’écarte, regardant le défouloir du batteur et le mec qui essaye tant bien que mal de se défendre, encaissant les coups et la rage du batteur. Perso, si certains cracheront à la gueule du groupe pour ça en te sortant le coup du non-respect du public et toutes ces conneries, je comprends parfaitement la démarche. Et t’es devant un groupe de DSBM extrême. Les mecs sont intègres, il vivent ce qu’ils jouent, ils se comportent comme ce qu’ils font passer dans leur musique. Si t’as peur de te froisser un muscle, retourne pleurer dans ta piaule d’adolescent et va te branler sur tes posters de Within Temptation. Ou mieux, comme dit le groupe : Hail Satan, Kill Yourself….

    Bref, revenons-en au concert et je reviens vite fait sur le chanteur également. Je serai toujours et à jamais impressionné par cette voix partant souvent en suraigus inhumains. Au final, je vais vraiment finir par croire en l’existence de Dieu et Satan, car ce genre de cris doit forcément être inspiré par la Grand Cornu Himself ! Je vois pas comment c’est possible autrement. Et une présence scénique toujours incroyable, tapant ses musiciens qui continuent de jouer, imperturbables, tels les spectateurs de leur propre dépression, et se tapant régulièrement lui-même sur le crâne et le torse avec le micro. Et si ça s’arrêtait là… Vers la fin du concert, le voilà prendre un crâne rempli de sang, en lancer sur le public et porter le calice de fortune à ses lèvres pour s’en renverser dessus. Vu l’odeur et connaissant le personnage, je sais pertinemment qu’il a pas été se servir dans une boucherie hallal. Et puis t'as toujours Psycho avec son flingue sur Shoot in My Fucking Skull, visant le public, se le foutant sur la tempe...
Enfin, pour clôturer les choses de manière grandioses après l’intégralité de Life is Pain joué sur scène, nous aurons droit à une reprise de Dunkelheit de Burzum. Et ce fut la bonne surprise car, jusqu’à présent, les mecs reprenaient du Silencer. Au moins, voilà qui permet de renouveler la chose.

Bref, un très bon cérémonial pour inciter les gens au suicide. Toujours aussi fort, toujours aussi personnel, toujours aussi haineux et extrémiste. A voir si j’irai les voir dimanche 12/02 (ça dépend des thunes). 

    Inutile de te préciser que ce sera le groupe que j’aurai le plus développé dans ce Live Report, les deux groupes suivants m’étant assez inconnus au bataillon. Je ne serai donc pas très précis les concernant mais comme d’hab, je parlerai beaucoup du ressenti.
Selvans, les Italiens, attaquent donc, officiant dans un Black Pagan qui n’est pas sans rappeler Nokturnal Mortum sans le côté musette ou les premiers Negura Bunget. En fait, t’as quand même un peu de synthé, mais c’est plutôt discret et pas autant prononcé que dans les deux groupes précités. Alors après t’as tout l’attirail au niveau des costumes, avec un chanteur en guenille assez scénique. Je sais pas pourquoi, mais je l’ai trouvé très présent sur scène grâce à un festival de mimiques, pas que ce soit ridicule, mais bien dans l’esprit de leur musique. Un peu en décalage avec notre époque en fait, mais ça renforce leur côté « Pagan ». Je reviens sur les synthés mais je trouve ça bien dommage qu’ils ont pas de claviériste en live. Parce que le peu qu’on entend renforce bien l’esprit guerrier du bazar. En gros, même s’il m’aura fallu deux trois chansons pour rentrer dedans, j’ai vraiment su apprécier leur Black païen, ayant l’impression de partir en guerre contre la civilisation à grand coup de matraquage de fûts, la double balancée telle une cavalcade de chevaux en charge contre le grand ennemi juif du monde (j’entends par là le Christ, n’y voit pas là un discours antisémite influencé par le Call of Terror hein!), pour un retour aux valeurs ancestrales prônées par un chanteur qui, vers la fin du concert, se ramènera avec un énorme tambour, instrument qu’il jouera avec des os.  J’ai particulièrement apprécié ces passages atmosphériques, où les nappes de sythés côtoient la flûte discrète…Comme une envie d’être dans une forêt sous la neige et méditer sur ma vie… Mais la voix écorchée (bien qu’un poil en retrait) du chanteur te rappelle à l’ordre, t’enseignant qu’il n’y a pas à tergiverser plus longtemps et que tu dois prendre les armes pour te relever et garder la tête haute. Bref, des hymnes guerriers as fuck sans tomber dans l’auto-parodie d’un style où prolifèrent les flûtes et les chansons à boire. Une bonne découverte en somme.

    Enfin, Khors attaquent et, je ne sais pas si c’est la Guldendraak qui monte, ou la goutte de Jagger, ou encore la fatigue du milieu de semaine, mais ça m’a carrément moins emballé. Khors, c’est un groupe Ukrainien avec un des guitaristes de Nokturnal Mortum. Et du coup, tu t’attends à du Nokturnal Mortum worship. Et c’est exactement ça…en carrément moins bon. Tu prends le riffing de NM, t’enlèves la majeure partie des synthés et toutes ces fioritures qui rendent le groupe légendaire Ukrainien si particulier, et t’obtiens un groupe très peu inspiré qui se contente d’appliquer une recette sans y intégrer le feeling si nationaliste qu’on retrouve chez eux. Et puis la gueule du chanteur qui a l’air de sortir tout droit d’un groupe de Death mélo finlandais (+ le gratteux  trop démoniaque sur sa BC Rich aha)…Bref, on dirait qu’on privilégie l’attitude à la musique et c’est dommage. Alors, c’est con quand même, parce que chaque début de morceau ne laisse présager que du bon…Et puis y’a quelque chose qui fait que ça retombe totalement à plat…Exit les batailles épiques, la volonté de défendre ses valeurs nationalistes ou la méditation dans une caverne isolée en pleine forêt…Place à un ennui profond face à un groupe qui se contente d’imiter sans quelconque intérêt. Il y a juste les deux dernières chansons qui m’ont un peu redonné « espoir », avec des riffs beaucoup plus thrashy et ses passages bien plus inspirés. C’est con de devoir attendre la fin d’un concert pour réussir à apprécier un peu la qualité d’un groupe. Je dis ça car ces dernières chansons ont vraiment quelque chose d’intéressant et ça rattraperait presque le reste de leur concert…Dommage d’en arriver là. C’est un peu comme te taper une femme au corps à faire bander un cheval…et se rendre compte qu’elle à la tête de Balasko…. Bref, c’est pas ça qui me motivera à m’intéresser à ce groupe.  Et puis c’est QUOI, ce putain de bruit de métronome entre chaque chanson ????? Sérieux, c’est du gros foutage de gueule, les mecs savent pas jouer ou quoi ??? Bordel, c’est bon quoi, vous faites pas du Prog non plus, faut arrêter !!! Surtout pour une batterie qui a l’air assez surfaite au final…

En général, les concerts proposent une montée en qualité des groupes. Pour ma part, ce soir ce fut l’inverse. Un premier groupe au summum, bien qu’un peu en décalage par rapport au reste de l’affiche, un second qui m’aura fait l’effet d’une très bonne découverte, et un troisième assez en dent de scie qui m’aura laissé plutôt mauvaise impression.

Merci donc à Ondes Noires qui, depuis la fermeture temporaire (je l’espère) d’El Diablo, se démerde pour continuer à faire vivre la scène Underground mondiale. Tout ça près de chez moi, j’ai vraiment pas à me plaindre. Un très bon moment qui aura piqué le lendemain au taff, mais ça en vaut toujours la peine.

Au programme, le week-end prochain, je vais aller soutenir mon tio Ulf (de WOTU)  avec une date locale. Au programme : Surpuissance, Sepulchral Voices et Excruciate 666. Toujours un plaisir de voir les trucs locaux et aussi une bonnes occaz de soutenir le saint père Ulf.



Pour l’anecdote sinon, au cas où les gens me demanderaient, je n’ai pas voulu faire de report pour le Call of Terror pour plusieurs raisons. Déjà, me connaissant avec mes punchline nazies, je n’aurais pas pu m’empêcher et je ne voulais pas porter préjudice à l’orga. Et puis les portables étaient interdits et je fonctionne pas mal par notes, histoire de retranscrire au mieux ce que j’ai pu ressentir sur l'instant, donc pas possible de faire un truc que je juge médiocre et qui va à l’encontre de ma conception du LR.  

lundi 4 juillet 2016

Antilife + Azziard @ Midland (Lille) 02/07/2016


    Bon j’avais promis de te faire un live report de Mercyless à la péniche de Douai en Juin. Malheureusement, suite à de malencontreux événements, la date fut annulée. Et vu la gueule du parc à la con qui jouxte la salle suite aux inondations Nordistes (ah l’été des hauts de France…) je me doute qu’il y a eu quelques soucis techniques. 

    Par la suite, je me suis quand même bougé le mois dernier voir une date de Folk Dépressive (Marissa Nadler à la péniche de Lille) et Dodheimsgard sur Lille il y a deux semaines. Je n’ai pas voulu t'en parler plus en détail car, pour le premier, il s’agissait d’un concert qui ne s’inscrivait pas tellement dans la « ligne éditoriale » de ce blog. Pas que je veux me la jouer True ou quoique ce soit, mais malgré mon ouverture musicale, je pense vraiment pas être calé dans le style (me limitant à Matt Elliott, la Dame susnommée (et non pas autre chose, bande de gros dégueulasses) ou Chelsea Wolf et Bruce Lamont) pour me permettre de parler de ce concert (qui fut, cela dit, vraiment excellent). 

    Pour le second, eh bien je n’ai pas vu grand-chose. Une bonne claque pour Edremerion que je n’avais jamais vraiment su apprécier par le passé, une merde sans nom pour Diskord avec leur Death qui se veut prog mais sans aucun élément prog, juste une sorte de branlette intellectuelle rappelant Necrophagist en moins technique mais en beaucoup plus chiant, et un concert de Dodheimsgard où j’ai tenu deux chansons. Pas que je déteste le groupe non, juste le fait que je me serai cru à Auscwhitz. Temps lourd de merde + trop de monde (surtout ça en fait) + bières.

    Du coup, inutile de te dire que j’avais le clavier qui me démangeait et c’est donc avec cette date en ce samedi 02/07 que je me remets au petit live report. Et rien de tel qu’un des deux groupes qui m’ont motivé à enfin créer ce blog pour m’y remettre. La claque monumentale du mois d’Avril m’a convaincu de me bouger pour revoir Antilife. Le concert a été organisé par Kaotoxin, un label/distro du coin et si tu achetais 15 euros de merch, tu avais l’entrée gratuite. Sinon tu payais 5 balles. L’idée est bonne, mais au final, l’entrée fut gratuite. Voilà donc qui est encore mieux (mais pas pour le foie). 

    Comme souvent sur Lille, le retard est de mise, mais on s’en fiche, on a l’habitude et de toutes manières, ça me gonfle de pas avoir le temps de profiter un peu avant que ça démarre. Et justement, ça démarre fort, avec un son vraiment cool. Le Midland a souvent été en dents de scie mais j’ai l’impression que depuis un an, ça s’est vachement amélioré. Ils ont fait des travaux, ça doit jouer. Le groupe arrive donc sur Worms, comme à leur premier concert, peut-être la seule chanson qui me transcende pas trop car un peu lente, mais très vite, j’oublie mon côté ronchon car, comme la première fois, c’est ce chant totalement psychiatrique qui réussit à apporter sa pierre à l’édifice, à l’heure où 50 nouveaux groupes se créent chaque mois, pour la plupart chiants, ou alors n’apportant absolument rien au style, se contentant de faire quelque chose de bien mais sans plus. Alors il existe deux écoles : ceux qui estiment que le metal doit rester crasseux et fidèle aux origines et ceux qui attendent constamment de l’évolution. Pour ma part, disons que je tape un peu dans les deux. Regarde Motörhead : on n’a jamais pu leur reprocher de faire toujours la même chose car ça faisait partie du mythe. A l’inverse, certaines orientations totalement nouvelles chez certains groupes sont assez énormes (Nachtmystium). Bref, je pense que tout dépend du groupe, du style et du contexte. 

    Du coup, on en revient à Antilife et c’est vraiment le genre de truc qui arrive à transcender un genre qui se meurt à petit feu. Le black dépressif c’est d’un chiant, c’est lourd, mais certains groupes arrivent comme ça à sortir la tête de l’eau et proposer quelque chose qui vaut vraiment le coup. Et si je parle de la voix de Psycho, totalement possédé comme si on l’avait lâché en plein Roubaix, avec toute l’horreur que ça implique, il n’en demeure pas moins que j’ai pu écouter un peu plus la musique en elle-même. Si je parlais de la première chanson un peu molle en début de chro, la suite quant à elle monte le niveau d’un sacré cran ! Du bon tabassage sur fond de guitares qui te prennent aux tripes. Tu sais, ce genre de mélodie qui fait mouche et te donne envie d’aller prendre une batte de base-ball et faire un tour dans un camp de salafistes ? Ce genre de rendu où le désespoir côtoie la haine viscérale et tu sens que les mecs l’ont cette haine envers l’humanité. On est tellement emmerdé par les gens, cette bande de cons qui te file la gerbe… Si tu te retrouves là-dedans, eh bien ce concert est un bon défouloir pour te permettre d’oublier toute cette fange pourrissante qui gangrène le monde (soit 90% de la population en fait). 

    Mais arrêtons là ces élucubrations anti-humanistes, je m’emballe, et parlons un peu du jeu de scène. Déjà, petit truc en plus par rapport au premier concert : l’accoutrement de deux des membres qui ont sortis la chasuble. Ça me rappelle bizarrement les grillages de nos amis terroristes. Un fist en pleine face de ces enculeurs de chèvre qui viennent en vacances au Bataclan ? Et puis on est face à un Psycho totalement possédé comme je disais. Ces hurlements, mais mon gars JAMAIS je n’ai entendu ça ailleurs. Imagine un peu les cris stridents de Akitsa en plus désespérés et t’auras une vague idée du truc. Toujours ce comportement haineux à se taper sur la poitrine et ces tronches de fou furieux aaaaaargh moi j’adhère totalement. Un groupe qui vit tellement sa musique qu’à la fin du show, le batteur se jette sur un pote dans le public pour le foutre à terre et se barrer (seulement, le pote en question fait de la muscu, c’est balaud…). Enfin, du coup j’ai pas tout compris, juste que le groupe est composé de véritable détraqués. Mais bizarrement, je m’y retrouve assez et je pense saisir un minimum de ce qu’ils veulent faire passer. Pas de messages de branlette intellectuelle, pas uniquement de vénération particulière envers le cornu. Non, juste une vision fataliste du monde accompagnée de haine comme un gros doigt d’honneur balancé à la normalité bien-pensante avec, pour seule aide, Lucifer lui-même. On aura droit aussi à une fin de concert sur fond de flingue brandit en l’air. Ce genre de trucs inattendus qui clôture le concert sur une note plus que pessimiste bref, tout ce qu’il faut pour me faire aimer le dépressif, le vrai, celui qui a des couilles de taureaux boostées au Red Bull surconcentré et qui ne cherche pas à t’aider à t’en sortir mais à accepter que le monde, le système est pourri et se suicide à petit feu.

    Du coup, après une claque pareille, c’est un peu dur de rentrer dans le concert d’Azziard. C’est pourquoi je vais vite passer dessus. D'autant plus que j’ai déjà vu le groupe l’année dernière à La rumeur. En gros on tape dans le Black/Death survitaminé et fait son quota de tabassage en règle. C’est pas mauvais en soit mais c’est le genre de groupes qui se range dans la catégorie citée en début de chronique. C’est bien, mais ça n’apporte rien. Et du coup, moi quand le black/death tabasse, je préfère m’enquiller un bon groupe de war metal plutôt que quelque chose de trop carré. Ça manque un peu de crasse tout ça et c’est dommage parce que ça pourrait être carrément cool. Enfin, du coup, comme je les avais déjà vu, je préfère sortir, profiter du houblon et entretenir mon cancer du poumon. D’ailleurs, ça m’aura pas tellement réussi, comme mon foie me l’a indiqué le dimanche matin éhé.

    En bref, une bonne petite date. Franchement, je te conseille de suivre Antilife qui est un groupe qui mérite toute l’attention. Et putain, viens pas me sortir que « oui, mais c’est le mec d’Hats Barn dedans, ils sont pas terribles, c’est chiant… ». Déjà parce que la mauvaise réputation d’HB dans le coin implique qu’on se fasse un avis erroné dessus avant d’avoir écouté (et je peux me permettre de parler vu que je les ai vu à l’époque où leur seul matériel provenait de Total Genocide Devastation). Et puis surtout que, même si t’aimes pas ces fils de la haine, Antilife est vraiment différent à tout point de vu. Donc comme dirais l’autre : si je peux te donner un conseil, vas-y, fonce !

Un grand merci à Kaotoxin donc pour cette date, ainsi qu’au Midland qui s’améliore vraiment de plus en plus. Et bien sûr aux groupes présents.


Prochaine date : peut-être Cattle Decapitation en Belgique.

samedi 2 avril 2016

Hypothermia + Psychonaut 4 + Antilife @ El Diablo (Lille) 30-03-2016


    Ces dernières années, il n'est pas rare de voir défiler des concerts aux affiches assez fat dans le Nord ou en Belgique. Pour ma part, tout à commencé avec Lille en Avril 2008. Je découvre La Rumeur, un bar/concert dans les environs de Lille Sud, sa cave, son bar, son public. Le coup de foudre me clou sur place et, d'ores et déjà, je sais que je vais côtoyer ces lieux où l'Underground peut s'exprimer sans contraintes. Depuis ce temps, ce ne sont pas moins de 140 concerts - allant des festivals grand format (Le Party San), plus ciblés (le Throne Fest par exemple), des concerts dans des bars-concert Lillois, Valenciennois ou Douaisiens ou encore dans des salles de taille moyenne où se côtoient Death Old-School, Black Metal, Sludge/Doom etc - auxquels j'ai pu assisté. Cela fait presque un an que l'idée me trottait dans la tête, celle de faire du Live Report avec passion, sans langue de bois (ou de pute selon les envies), sans passer par un quelconque magazine (Metalchiasse à tout hasard? Là où t'as 5 lignes par groupe) ou site/webzine officiel (bien que je soutienne totalement Horns Up)... Bref, juste avec mes tripes. Et c'est donc avec cette date de Black Metal Dépressif ayant eu lieu le 30 Mars 2016 à El Diablo que je m'y atèle.

    En théorie, le public Nordiste ne se bouge pas le fion lorsqu'un concert a lieu en pleine semaine. Alors est-ce parce qu'il n'y avait que 4 jours cette semaine-là que je me retrouve face une date quasi sold out ce soir-là? J'en ai foutre aucune idée, mais en tout cas, ça me fait plaisir et en même temps j'appréhende énormément le truc. Car si El Diablo - découvert pour ma part il y a un peu plus d'un an avec les locaux Skelethal – est une petite salle comme je les aime, il faut tout de même admettre qu'elle ne permet pas d'accueillir plus de cent personnes sans risquer l'asphyxie de vapeurs éthyliques et de sudations (quoiqu'en général, les deux ne font qu'un). Et mon angoisse n'est pas pour diminuer lorsque je constate qu'une vingtaine de personnes n'ayant pas réservé attendent dehors. Heureusement pour moi, j'ai été prévoyant pour le coup, ne voulant franchement pas louper cette date. Direction le sous-sol donc, histoire de se faire poser le rituel tampon et d'aller chercher une pinte de bibine belge. Finalement, me voilà rassuré : la salle me paraît tout de même plus spacieuse que dans mes souvenirs et ce, malgré le pilier central, un classique de ce genre de salles (un peu comme à La Rumeur en fait). Et tout au long de la soirée, j'ai même pu me faufiler au devant de la scène afin d'apprécier au mieux les groupes.

    A peine le temps de m'approcher qu'Antilife début les hostilités. Bien que je sois principalement venu pour Psychonaut 4, découvert l'année dernière, j'attendais beaucoup de ce nouveau projet aux élucubrations anti-humanistes du chanteur d'Hats Barn. ET PUTAIN QUELLE CLAQUE! A peine posé devant la scène que le groupe commence à jouer, Psycho arrivant au micro vêtu d'un sweat blanc aspergé de sang (et connaissant le gaillard, pas de trompe-l'oeil ici) dont la capuche descend jusque sur le nez. D'ailleurs, rares seront les moments où l'ont pourra apercevoir son visage durant le concert. Je n'avais entendu qu'une chanson qu'ils avaient postée sur Youtube, mais là, je ne m'étais vraiment pas imaginé assister à un concert aussi violent, retournant et haineux. Disons-le tout de suite : le Black Dépressif "classique" m'a toujours emmerdé. J'ai beaucoup de mal à apprécier ceux qui se contentent de faire du mid-tempo sur fond de chuchotements rocailleux ressemblant à des coqs asthmatiques où les seules paroles ressemblent à un poème d'ado gothique boutonneux fan de Baudelaire et en mal de reconnaissance. Pour te donner une idée, Silencer, Lifelover, Totalselfhatred, Shining : voici les groupes qui me bottent dans le style. Et pour cause : on est loin d'un éternel cover d'un groupe qui parodie le Black Dépressif. Après, il subsiste quelques exceptions qui me parlent, comme Gris (même si, avec leur dernier album, les mecs tirent plus sur l'ambiant et l'atmosphérique), Happy Days ou Wedard.
Bref, il me semblait important de me situer un peu dans ce paysage suicidaire.

    Revenons-en à Antilife. Voici exactement le genre de truc qui me parle! Jamais je n'ai assisté à autant de violence au sein d'une scène qui se suicide à petit feu. Les riffs et la guitare "lead" assénés avec violence et rage te transperce comme la lance d'un Spartiate, la batterie qui sait aussi bien alterner mid-tempo et laisse une sacré place au Blast qui te retourne le cerveau, à tel point que tu as l'impression de sombrer dans la folie meurtrière d'un cerveau sociopathe. Et surtout : le charisme incroyable du chanteur. Putain, mais c'est exactement ce pourquoi j'avais autant aimé Hats Barn lorsque je les avait vu pour la première fois à Tournai en Décembre 2008. La vieille époque, celle où juste Total Genocide Devastation était sorti et où les cris suraigus de Psycho enterraient n'importe quel groupe de Black digne de ce nom. Merde putain mais c'est totalement inhumain de hurler comme ça, j'en suis encore sur le cul. Des lames de rasoir sifflant sur ta chair écorchée, véritable haine dans la dépression, le dégoût de l'être humain poussé à son paroxysme. Et puis j'en reviens au charisme, mais jamais je n'ai vu autant de haine dans le comportement d'un mec sur scène : tremblements psychopathes, lacérations de chair à grands coups de lames de rasoir, maltraitance du micro/pied-de-micro, sifflage de Honey Jack Daniel's sans repos et un flingue pour accessoire, dirigé vers le public, et lui-même. Et vu le mec, c'est un vrai de toute manière.
En bonus, on aura le droit à une reprise de Silencer (Death – Pierce me), chose qui fait ô combien plaisir! Petit bémol pour ma part pour l'intro, jouée sur des guitares saturées. Je me doute que l'envie était de rendre le truc plus malsain et dégueulasse, mais ça n'a pas pris chez moi. Enfin, vraiment un détail insignifiant car la cover a été interprétée avec brio, la "hainisant" même un peu plus.
En somme, une première partie comme jamais je n'en avait vu auparavant qui a totalement compris qu'il suffit pas de gueuler "Kill Yourself" pour se la jouer dépressif, que la haine de l'humain était indissociable du dégoût du monde et, par conséquent de la vie de merde qui t'entoure. Bref, ça laisse présager énormément de bonnes choses pour leur avenir, car ils ont un potentiel scénique incroyable.

    Le temps de remonter se fumer une ou deux clopes, se reprendre une bibine, discuter avec les potes et c'est au tour de Psychonaut 4 de se lancer dans la conquête Lilloise à grand coups de mélodies joyeuses et dépressives. Car oui, ce qui m'avait autant foutu sur le cul avec ce groupe, c'est son côté musical à la Lifelover : de la joie et de la mélancolie, un peu comme si les mecs se complaisaient dans la dépression sur fond de drogues et d'alcool. Putain, en voilà encore un de truc qui me parle! Et ce ne sont pas moins que 3 guitaristes qui permettent de soutenir les rythmes effrénés et le chant carrément hurlé de Graf von Baphomet qui, pour l'occasion, s'est aspergé de sang (la bouteille traînant encore dans les chiottes et, vu l'odeur, c'était pas du colorant ici non plus). Sans préambule, c'est Parasite, première chanson (mis à part l'intro) de leur premier opus qui entame les hostilités. Et, chose inattendue, l'avant du public est carrément contaminé par des mecs qui se défoulent comme si Satan était au centre de la salle. En théorie, ça me fait chier quand des mecs foutent le bordel durant un concert de ce style mais cette fois-ci, j'avais fortement envie d'un défouloir moi aussi. D'autant plus que, tout comme Antilife juste avant et dans un autre registre, leur black est rempli de haine et d'une volonté d'en découdre qui surpasse tous ces pseudo-blackeux de la gaypride dépressive. Tout au long du concert, la voix du chanteur ne faiblira jamais et, même si je la trouve quand même moins hurlée que sur album, la répercussion live de leurs chansons est quand même synonyme d'érection viscérale pour moi. Comme tout fan exigeant, il est vrai que j'aurai aimé entendre des titres comme Pseudo, My despair can't be explain ou Have a nice trip mais c'est sans conteste un réconfort monstrueux que de prendre mon pied sur Serial Lier, Antihuman, Suicide is Legal ou même la schizophrénique Moldy. Mais le summum est atteint lors de deux covers que le groupe nous aura offert ce soir-là. Déjà, I Wanna Be Your Dog d'Iggy Pop (Les Stooges mais c'est du pareil au même), jouée avec virulence et énergie – chose qui peut paraître en désaccord total pour un groupe de Black Dépressif, mais comme je l'ai déjà dit à maintes reprises, ce soir, les mecs ont comprit que le dégoût de l'humanité et la dépression (je préfère même le terme de fatalité ou mélancolie) étaient indissociables de la haine viscérale. Je crois même que la motivation des potes éthylisés qui se défoulaient devant la scène a atteint son paroxysme. Mais encore mieux : l'éternelle reprise de Nackstott de Lifelover interprétée avec brio! Et une surprise (quoique je commençais à y penser quelques heures avant le concert), non des moindres : Kim Carlsson invité sur scène afin de poser ses lignes de chants si particulières et monstrueuses dessus. Pour les ignares : Kim est le chanteur du défunt Lifelover et joue également dans Hypothermia, la tête d'affiche de cette soirée. Il était donc logique qu'un groupe comme Psychonaut 4, à l'esprit aussi dérangé que l'âme même de Lifelover, proposent quelque chose d'aussi énorme. Et Kim restât même sur scène afin de participer à la psychotique et joyeuse Wor(l)d of pain and hate!
Et puis, pour l'anecdote, les mecs, mais qu'est-ce qu'ils ont picolé. Psycho d'Antilife leur file la teille de whisky en plein milieu du concert et ils se l'enfilent d'une traite. La haine aha!
Une énorme claque donc pour ce deuxième groupe que j'attendais avec impatience!

    Mine de rien, je me rends compte qu'il y a bien longtemps que je n'avais pas autant apprécié un concert de black metal. La raison en est simple : le fan de Black Metal de base est un gros beauf coincé dans les années 90 ou alors (pour la plus grosse partie malheureusement) un jeune branleur qui se la joue Evil mais qui comprend toujours pas que Behemoth ne jouent plus de Black depuis longtemps. Bref, en France, les 3/4 du public de cette scène est quand même à gerber, mais heureusement, ce soir, j'ai pas l'impression d'en avoir croisé beaucoup, et putain ça, ça me fait plaisir!

    Il est donc temps de se rafraîchir une dernière fois et d'entretenir son cancer du poumon avant d'aller voir ce que donne Hypothermia sur scène. Une attente entre les deux groupes qui m'aura semblé un peu plus longue ici, mais cela m'aura laissé le temps de pouvoir discuter un peu avec un des guitaristes de Psychonaut 4 et même le chanteur. Encore quelque chose si typique des petits concerts mais ô combien agréable : pouvoir approcher des mecs finalement très simples, heureux de rencontrer leur public qui se retrouve dans leur musique. Je suis pas spécialement du genre à aimer prendre des photos à tout va ou parler systématiquement aux groupes dès que j'en ai l'occasion, mais quand il y en a un dans lequel je me retrouve particulièrement, c'est franchement une expérience géniale.

    Enfin, il est aux alentours de 22h15 et Hypothermia monte sur scène, ses membres vêtus de grandes capes blanches, comme à leur habitude. Ma relation avec ce groupe est assez particulière. Si j'aime beaucoup le Post-rock et les chansons à rallonge qui n'ont pour seul but que de foutre une ambiance qui te transcende en dehors de l'espace et du temps, chez Hypothermia je n'y arrive pas du tout! C'est pourtant pas faute d'avoir tenté le coup plusieurs fois et, malheureusement, mon impression est définitivement confirmée par ce concert. Disons que c'est pas mauvais en soi, mais pas moyen de trouver une variation pendant les compos avoisinants les 10 minutes. Toujours le même riff qui tournoit pour te rendre totalement dingue. Ça m'en a titillé une sans faire bouger l'autre en fait. Du coup, je ne peux pas trop m'étendre sur le sujet ici, ayant préféré discuter avec quelques potes et le mec de Maltkross, toujours présent avec sa distro aux concerts Nordistes.

    En définitive, pour une date "vendue" comme dépressive, on aura eu le droit à des groupes qui ne peuvent être plus éloigné de cette scène "dépressive" tout en y étant rattachée : de la pure haine misanthropique et sociopathe, de la joie et de la complaisance dans la dépression et du post-rock très (trop même) ambiant au son blackisé.

    Tiens tant que j'y pense, c'est aussi un plaisir de voir un des mecs de Black Command faire le déplacement de Hollande pour venir sur Lille, sachant qu'il va également voir cette date à domicile le samedi suivant.

    Au final, cela faisait bien longtemps que je n'avais pas autant pris mon pied sur un petit concert - je ne dirais pas local car, mis à part Antilife, les autres groupes venaient de Géorgie et de Suède.
Merci à Ondes Noires qui, bien que basé sur Paris, ont créés cette branche dans le Nord et nous organisent des putain de dates!

    Pour conclure, je ne peux que citer Psychonaut 4 :
"We will never find the cure...[...] Useless me and useless you..."