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vendredi 23 juin 2017

Monarque + Malcuidant + Mortis Mutilati @ Midland (Lille) 22/06/2017



    A moins de vivre dans une grotte, t’as du capter que la chaleur cette semaine fut insoutenable ! Pire que dans un four des années 40. Et quoi de mieux, dans cette atmosphère lourde, que de venir prendre une bonne bouffée glacée directement importée du Québec ?

    L’asso ne proposait aucune prévente. Du coup, en stress toute la journée, me voici à tracer direction Le Midland pour choper des places pour moi et mes potes. Premier constat : pas mal de monde déjà présent sur les lieux. Dommage que ça n’arrive pas aux autres dates un peu plus Underground. Enfin… Le public Black Metal ne m'étonne plus vraiment… Éternel débat, envie de meurtre, tout ça tout ça… Mais passons.

    Ondes Noires nous a concocté une affiche aux petits oignons et c’est Mortis Mutilati qui ouvre la danse du givre avec des membres au Corpse Paint bien bien dégueu et cadavérique. J’ai, comme tout le monde, entendu parler du one-mand band parisien dont le gars officie également à la basse dans Griffon et Azziard entre autres, mais je n'ai jamais écouté une seule note. Le groupe arrive sur une intro aussi humaniste qu’un Panzer lâché en pleine réunion des Alcooliques Anonymes : sirènes hurlants brièvement, puis pleurs d’une femme sur fond de piano lancinant. Alors dans ces cas-là, j’ai remarqué : soit tu te tapes une énième copie de Marduk, soit tu tombes sur une perle rare qui vaut son pesant de cacahuètes à grand coup de Black au riffing mélodique et envoûtant qui te retourne le cerveau avec du Blast de ses morts ! Et quelle joie de constater, tel l’unijambiste s’essayant au 100M Haies, que la première option se casse la gueule. Les mecs officient dans un Black traditionnel mais je les ai trouvé vachement inspirés par la scène Finlandaise. Traduis ça par des mélodies qui te tournent dans le crâne jusqu’à l’obsession (Copyright Jean « In Extremis » Pazola), du Blast pour soutenir le tout et une voix écorchée as fuck qu’est pas loin de rappeler un Sargeist qu’aurait copulé avec les Mexicanos de Luciferian rites (pour l’intonation dépressive). Mais si y’avait que ça…. Ajoute à ça une putain de patte à la française et là je dis Bingo ! Alors le Black français est assez disparate, je l’avoue. Peste Noire ressemble pas du tout à Aosoth qui ressemble pas du tout à Seigneur Voland qui ne ressemble pas à Autarcie qui… Bref, t’as compris le bazar. Mais malgré tout, je sais pas…Une atmosphère qui s’en dégage… Un peu aidé par les "cordes par cordes" dissonants qui m’énervent tant dans le Black Orthodoxe. Mais ici, ce genre de passages m’ont fait pensé à du grand Aosoth et là ça passe crème en fait. Mais ça, ce n’est qu’un détail. Les mecs savent te claquer du riffing que pourrait jalouser la scène Québécoise. Et en même temps, je leur trouve un énorme côté Sacrificia Mortuorum. AAAAARGH ! J’te cite des références par-ci par-là, c’est pas pour me la jouer connaisseur ou quoi, c’est juste parce que tout au long du Live, j’ai vraiment eu ce genre d’idées qui ne cessaient de m’assaillir. Un putain de débarquement dans mon cerveau. Alors ça rend le truc carrément alambiqué et c’est pas une surprise de voir une chanson un poil plus épique vers la fin du set avec une Demoiselle tenant la chansonnette. Et ici, même si elle pousse pas mal la voix, n’imagine pas avoir affaire à une saloperie gangrenant la scène comme on en voit trop souvent (Thallium ?). Ça rendait simplement le truc super FAT et aéré ! J’aurais peut-être pas trop aimé si elle chantait sur chaque chanson, mais là, pour une sorte de Guest, ça le faisait carrément ! Et puis les gaillards ont une putain de haine, tu le sens. Déjà, rien que la dédicace à Welicoruss… Pour l’anecdote (je n’y étais pas mais on m’a raconté) : Mortis Mutilati ont fait une date avec Welicoruss il y a 3-4 mois de ça sur Lille et, retard oblige dans ce genre de concert Lillois, les mecs de WelicoBitus on réclamé que Mortis Mutilati raccourcissent leur set. Alors, qu’ils jartent une ou deux chansons, ça arrive… Mais quand tu vois ton groupe se faire gruger les ¾ du set à cause d’un groupe qui veut finir de jouer tôt car ils jouent à Paris le lendemain et qu’ils sont fatigay…. PUTAIN MAIS IL Y A QUE 2H POUR ALLER A PARIS BORDEL !!!! L’hommage s’est donc résumé à quelque chose comme : « ça fait plaisir de pouvoir enfin jouer un set complet à Lille. Cette chanson, elle est pour ces bâtards de Welicoruss ! Allez crever ! » suivi du geste du chanteur qui nous fusille avec ses doigts. Et, deuxième chose qui prouve toute leur haine : la dernière chanson est une reprise de Whiskey Ritual (Bite it your scum), qui est déjà une reprise de GG Allin. Alors je ne connais pas la version Whiskey Ritual, mais bordel, par rapport aux autres covers de cette chanson que j’ai pu voir, c’est la première fois que je la trouve vraiment adaptée au style que le groupe joue !! Une version Black/N Roll as fuck en somme ! Et avec, en guest vocal, Nae, le batteur d’Antilife qui fait partie d’Ondes Noires également, venir pousser la chansonnette et les gens à l’ancienne.
Le groupe se barre ensuite de scène sur un Allahu Akbar bien ironique et nihiliste. Fermez les rideaux, grosse claque à suivre de près.

    Alors j’en ai pas encore parlé, mais si la chaleur redescend légèrement dehors, la salle est un véritable four. Sérieux, c’est une horreur et je me demande comment les mecs des groupes font pour jouer sans tomber dans les vapes. Ah ouais merde : ils boivent des pintes. Bon bah… je fis donc de même tout au long du concert et, force est de constater que ça aide, en effet éhé.

    Trêve de dérives alcooliques, Malcuidant démarre et je loupe les deux ou trois premières chansons. Arrivé devant, je constate que les gars officient dans un style assez similaire : ça me rappelle la Finlande version produits du terroir. Cette fois-ci, ce n’est pas Sacrificia Mortuorum qui me saute aux esgourdes mais plutôt un Angmar qui aurait troqué son ambiance dépressive pour du punk crasseux. Déjà, t’as un batteur totalement épileptique qui bourrine sur ses roulements tout au long du concert. Et puis du trémolo en veux-tu en voilà. Ça bourrine comme pas possible et c’est ça qu’est bon ! Le petit côté Angmar que je leur trouve vient peut-être des chants épiques tout en « Ho Ho Ho ! » sans tomber dans la musique de tarlouze. Et puis ce son criard comme j’adore, bordel !!! Les gars sont français également et ça jute du Raw Black Mélodico-punkisé comme Emile Louis juterai dans des culottes de gamines. Parfois, le mec se permet aussi quelques envolées de corbeau dépressif qu’il fait bien bon d’entendre. T’auras toute la recette d’un bon black inspiré en fait : du Blast quand il faut et vachement fou, de la guitare tantôt dissonante, tantôt méga-ultra-classique tout en mélodies qui donnent envie de vénérer notre pote cornu, et le chant dont j’ai déjà parlé. Et moi, quand j’entends un truc pareil, ça me donne envie de brandir le poing, d’aller taper de l’envahisseur à la gloire de Satan et de la nature, et de savourer la musique pour ce qu’elle est au lieu de brandir un portable… Alors je développe peut-être moins que pour Mortis Mutilati, mais les deux groupes se valent carrément et c’était trèèèèès judicieux de les claquer sur la même affiche franchement.

    Par contre, je vais juste faire mon râleur encore une fois, mais qu’est-ce que ça m’énerve les mecs de groupe qui exhibent le T-Shirt de leur groupe sur scène… Fin… On SAIT que c’est Malcuidant : on a payé, on a vu le flyer et souvent y’a un running order d’affiché… En bref, arrêtez un peu… Mais sinon c’était une deuxième super claque !

     Bon, l’entre-deux groupes dure un petit moment et tout le monde est jarté de la salle pour que Monarque se prépare. Pas de soucis, au moins ça fera sûrement retomber la chaleur. Mais malheur NOOOOOOOOOOOON !!! Dès qu’ils rouvrent les portes, j’arrive à me claquer tout devant mais j’ose pas imaginer les gens serrés comme une capote sur la teub à Rocco. Sérieux, la dernière fois que j'ai eu aussi chaud, c’était au concert de Violator à La Chimère en 2010. Mais rien à foutre : c’est Monarque qui vient fouler les planches de cette petite salle que je côtoie tellement régulièrement donc je ne peux décemment pas me plaindre de quoi que ce soit. Excité comme pas possible, j’ai donc une visibilité parfaite sur le groupe qui entame les hostilités sur Ces Immondices ! Et là bordel !!! Mais LA !!!! Quel plaisir !!! Je fais un petite aparté mais Monarque et moi ça a démarré en 2010 : je découvre Ad Nauseam, je l’achète en vynile et je lis les paroles, chose que je fais rarement. Et Ces Immondices m’a toujours ENORMEMENT aidé dans mes phases de déprime, à savoir le passage suivant : "Rester de pierre, rester de glace, avec fierté toujours faire face […] sans hésitation, leur cracher au visage et leur offrir la mort ». Outch ! Sors-moi un texte sur un fond musical aussi prenant qui te donne autant envie de te battre ?! Bref, je ferme là la parenthèse et j’en reviens au début du concert. Le son, brouillon au début, s’est vite amélioré au passage de guitare tout en trémolo mélodique (tu sais, après « Glorifier cet enfer » ?), mais pas pour le bassiste qui s’est retrouvé emmerdé dès le début à cause de son Jack. Mais pas grave : l’orga arrange assez vite le problème et j’étais tellement hypnotisé par la prestance de MONSIEUR Monarque et par la puissance de frappe du batteur (qui a sa place dans mon top des mecs au corpse paint avec le plus de symboles possible aha) que j’ai su en faire abstraction. Franchement, je m’attendais à l’avoir en rappel et au final ils arrivent là-dessus. Du coup, je coule de partout, j’ai les vêtements encore plus inondés que les cales du Titanic et j’en redemande, c’est ça le pire. Et il n’y a eu qu’UNE putain de chanson ! Alors les mecs te balancent ensuite Vigor Mortis de leur dernier album et j’ai également du mal à m’en remettre. En fait, je vais pas te faire le listing des chansons dans l’ordre même si j’ai chopé la setlist. Je vais plus te parler de ce que rend Monarque en live. Je les avais vu à la péniche Igelrock il y a quelques années (date organisée par WOTU), et j’avais trouvé ça moyen car le son était merdique. Mais c’était la PUTAIN de péniche de mes couilles tenue par un punk capitaliste qui veut pas faire de travaux acoustiques dans son rafiot de merde. Du coup, au Midland, le son avait beau être cru, c’était juste MERVEILLEUX. J'ai presque oublié la chaleur, balayée par ce blizzard des terres glacées du Québec ! Que ce soit la voix ultra Raw du chanteur ou les grattes suraiguës comme à l’ancienne (Quelqu’un me parle de Transilvanian Hunger), tu te retrouves avec un son ultra criard, comme une lame qui incise ton cerveau, ton abdomen, ta chair toute entière en fait ! Et ça c’est tout simplement magnifique ! Que ce soit sur des merveilles comme L’abysse aux charognes ou des chansons que je connais un peu moins comme Le vent du Nord, ça me donne juste envie d’hurler toute ma rage au sein d’une forêt enneigée, entouré par un amas de charognes éparses qui suintent la mort, la purulence glacée et le blizzard qui te tombe sur la gueule. Eh oui, Monarque c’est ça : leur musique est ultra représentative de leurs titres et c’est quelque chose qui se perd dans beaucoup de groupes… Et que dire aussi de cette reprise merveilleuse. Le groupe annonce une cover et il hurle : La clef pour la poooooorte !!! J’ai mis quelques secondes avant de faire le rapprochement, mais il s’agit bel et bien de Key to the gate de Burzum !!! Alors, perso, à part les hymnes des premiers album, Burzum m’a toujours plus ou moins emmerdé (à part le merveilleux Filosofem), mais bordel, cette reprise !!! Oo Leur son hivernal aura donné envie au public de se réchauffer en putain de bousculades digne d’un concert de Brutal Black. Moins fan de ces « danses » inhérentes au Metal, je savoure, je ferme les yeux, j’observe les membres du groupes, je me rends compte que rarement des mecs ont autant vécus ce qu’ils jouaient, que je prends une putain de tarte dans la tronche qui risque de bientôt se terminer… Tristesse... mais joie décuplée lorsqu’ils annoncent la dernière chanson qui n’est autre que La Quintessence du Mal. Et putain…si Ces immondices me faisait vibrer comme le string d’un sodomite en pleine action, cette chanson-là, ça me retourne les tripes, avec un final monstrueux où je m'égosille à scander le titre avec le groupe…Que dire…Il faut le vivre, il faut voir Monarque dans ta vie, dans de bonnes conditions, parce que leur son est tellement foudroyant et glaçant à la fois que c’est capital. Mon seul regret c’est de n’avoir pas entendu Fier hérétique (mais à Valenciennes ils l’avaient joué), ni Non-rédemption que j’adore au même titre que Ces immondices et La quintessence du mal. Mais il me semble qu’ils ne la jouent jamais en fait donc bon… Et histoire de râler un peu (mais là ça va être sur le public), il y a une chose que je comprends pas… Pourquoi autant de gens gueulent à la fin du concert « Québec indépendant » ? … Je veux dire : ok, on sait que les groupes en provenance de ce beau pays sont pour ce concept, mais en quoi le Lillois lèche-cul de base, ça le concerne ? Est-ce que les mecs connaissent l’histoire du Québec ? Est-ce qu’ils ont ouvert une fois un livre sur l’histoire du Canada ? Qu’est-ce qui leur permet dans leur vie de sortir ça, si ce n’est pour faire de la lèche en mode grosse pute face au groupe ? Fin bref… Moi-même je n’y connais rien mais justement : je me la ferme, j’acclame simplement le groupe. Et c’est comme tous ces cons qui gueulent « We want more » à la fin. Le chanteur leur claque à la gueule : « En français Tabernac !!! » et là, ça m’a bien fait sourire. Prenez ça dans les dents bande de connards suce-boules…
Bref…

    Sur ce, je m’en retourne dans mon village douaisien, il est minuit, je me lève à 5h… La journée fut difficile mais elle en valait CARREMENT la peine.

    
    Merci au Midland (Chien enragé Forever Dany !), à Ondes Noires pour cette dernière de la saison, et surtout aux groupes. Putain de découvertes (jetez-vous dessus, les loupez pas, on a une putain de sacrée scène en France il faut l’avouer, et faut pas s’arrêter à Blut Aus Nord et Antaeus), et putain de claque pour les impériaux Monarque…Une sorte de consécration auditive pour ma part….

samedi 4 février 2017

Ragnard Winter Night @ De Verlichte Geest (Roulers) 02/02/2017


    Quand j’avais 16 ans, je commençais à me prendre la dureté de la vie en pleine face. J'ai commencé à me scarifier les bras, j’avais constamment des idées noires et je cherchais un exutoire. Et puis j’ai découvert le metal extrême (Transilvanian Hunger, Balrog, Gris – Il était une forêt, Belphegor – Bondage Goat Zombie entre autres) et c’est comme si le mal s’accentuait, me confirmant que la vie était noire, impossible de revenir en arrière, que les choses ne pouvaient que s’empirer. J’avais raison dans un sens, sauf sur un point : j’avais enfin trouvé une sorte de catharsis pour évacuer ces idées noires, me permettant de mieux supporter toutes ces merdes qui te tombent dessus, tout en cultivant cette haine de l’humain qui naissait peu à peu au fond de moi. Et une chose en amenant une autre, me voilà à rencontrer les personnes qui ne sont pas loin de penser exactement comme moi, avec une vision des choses en totale adéquation et une conception de la musique totalement similaire. Ça peut t’enfoncer comme te faire supporter les choses en t’évitant le suicide, afin de garder la tête hors de l’eau et pourvoir ainsi diffuser la sacro sainte parole de l’auto-destruction. Eh bien Antilife, c’est exactement ça.

    A 20h, ce Jeudi 02/02/2017, le suicide collectif commence sur l’introduction de leur album (enfin sorti pour l’occasion). Une basse bourdonnante, des rires de bébé…et le claquement sec et létal d’un flingue. Les choses sont claires : bien que la date soit un soutien au festival Ragnard Rock, point de flûtes ou musette, ni de Pagan Black des familles. Psycho, le chanteur, toujours aussi taré, arrive sur scène le bide lacéré (et je n’ai pas souvenir de l’avoir vu autant scarifié). Qu’avons-nous au programme ici ? Si tu me suis un peu, tu ne seras pas sans savoir que j’ai déjà vu à deux reprises Antilife (et je pense avoir déjà pas mal développé le truc dans mes anciens LR), et c’est « sans » surprise que le groupe commence sur Worms, seule chanson qui m’emballait pas trop au début. Seulement, depuis le temps, l’album a tourné autant de fois que la lame sur mes chairs, via bandcamp et youtube, et je la trouve tout simplement énorme, tout comme les enchaînements suivant (Welcome to my (ANTI)life, Bad day...En fait, chaque chanson apporte son lot de haine et de dépression). 

    Alors la recette Antilife est assez simple : du dépressif mais de la haine comme pas possible. Je l’ai déjà précisé auparavant mais jamais je n’ai pu voir un groupe sachant aussi bien allier les deux, les groupes de DSBM ayant tendance à trop miser sur la lenteur et les pleurs de gothiques qui se scarifie à la feuille de papier aha. Ici tu auras droit à de la violence viscérale et un rejet total de la vie au sens humain du terme, un dégoût de ce qui nous pousse à respirer et la gloire de l’auto-destruction. Animé par ces sentiments, le groupes se compose de plusieurs cadavres : deux guitaristes qui t'envoient le riff ou le lead qui percute ton esprit comme la balle sur les fragments de ton crâne, mélodique mais lancinant à la fois et qui te prend aux tripes, un bassiste masqué (que l’on entend d'ailleurs assez bien tout au long du concert), tel un terroriste souhaitant exterminer la totalité de l’humanité, un batteur accoutré de la même façon et qui, à la fin du concert, sort de derrière sa batterie, se déplaçant comme un zombie détruit par la vie et tout son mal-être, avant de trouver sa cible dans le public et se jetant sur lui pour le rouer de coup. Tout le public s’écarte, regardant le défouloir du batteur et le mec qui essaye tant bien que mal de se défendre, encaissant les coups et la rage du batteur. Perso, si certains cracheront à la gueule du groupe pour ça en te sortant le coup du non-respect du public et toutes ces conneries, je comprends parfaitement la démarche. Et t’es devant un groupe de DSBM extrême. Les mecs sont intègres, il vivent ce qu’ils jouent, ils se comportent comme ce qu’ils font passer dans leur musique. Si t’as peur de te froisser un muscle, retourne pleurer dans ta piaule d’adolescent et va te branler sur tes posters de Within Temptation. Ou mieux, comme dit le groupe : Hail Satan, Kill Yourself….

    Bref, revenons-en au concert et je reviens vite fait sur le chanteur également. Je serai toujours et à jamais impressionné par cette voix partant souvent en suraigus inhumains. Au final, je vais vraiment finir par croire en l’existence de Dieu et Satan, car ce genre de cris doit forcément être inspiré par la Grand Cornu Himself ! Je vois pas comment c’est possible autrement. Et une présence scénique toujours incroyable, tapant ses musiciens qui continuent de jouer, imperturbables, tels les spectateurs de leur propre dépression, et se tapant régulièrement lui-même sur le crâne et le torse avec le micro. Et si ça s’arrêtait là… Vers la fin du concert, le voilà prendre un crâne rempli de sang, en lancer sur le public et porter le calice de fortune à ses lèvres pour s’en renverser dessus. Vu l’odeur et connaissant le personnage, je sais pertinemment qu’il a pas été se servir dans une boucherie hallal. Et puis t'as toujours Psycho avec son flingue sur Shoot in My Fucking Skull, visant le public, se le foutant sur la tempe...
Enfin, pour clôturer les choses de manière grandioses après l’intégralité de Life is Pain joué sur scène, nous aurons droit à une reprise de Dunkelheit de Burzum. Et ce fut la bonne surprise car, jusqu’à présent, les mecs reprenaient du Silencer. Au moins, voilà qui permet de renouveler la chose.

Bref, un très bon cérémonial pour inciter les gens au suicide. Toujours aussi fort, toujours aussi personnel, toujours aussi haineux et extrémiste. A voir si j’irai les voir dimanche 12/02 (ça dépend des thunes). 

    Inutile de te préciser que ce sera le groupe que j’aurai le plus développé dans ce Live Report, les deux groupes suivants m’étant assez inconnus au bataillon. Je ne serai donc pas très précis les concernant mais comme d’hab, je parlerai beaucoup du ressenti.
Selvans, les Italiens, attaquent donc, officiant dans un Black Pagan qui n’est pas sans rappeler Nokturnal Mortum sans le côté musette ou les premiers Negura Bunget. En fait, t’as quand même un peu de synthé, mais c’est plutôt discret et pas autant prononcé que dans les deux groupes précités. Alors après t’as tout l’attirail au niveau des costumes, avec un chanteur en guenille assez scénique. Je sais pas pourquoi, mais je l’ai trouvé très présent sur scène grâce à un festival de mimiques, pas que ce soit ridicule, mais bien dans l’esprit de leur musique. Un peu en décalage avec notre époque en fait, mais ça renforce leur côté « Pagan ». Je reviens sur les synthés mais je trouve ça bien dommage qu’ils ont pas de claviériste en live. Parce que le peu qu’on entend renforce bien l’esprit guerrier du bazar. En gros, même s’il m’aura fallu deux trois chansons pour rentrer dedans, j’ai vraiment su apprécier leur Black païen, ayant l’impression de partir en guerre contre la civilisation à grand coup de matraquage de fûts, la double balancée telle une cavalcade de chevaux en charge contre le grand ennemi juif du monde (j’entends par là le Christ, n’y voit pas là un discours antisémite influencé par le Call of Terror hein!), pour un retour aux valeurs ancestrales prônées par un chanteur qui, vers la fin du concert, se ramènera avec un énorme tambour, instrument qu’il jouera avec des os.  J’ai particulièrement apprécié ces passages atmosphériques, où les nappes de sythés côtoient la flûte discrète…Comme une envie d’être dans une forêt sous la neige et méditer sur ma vie… Mais la voix écorchée (bien qu’un poil en retrait) du chanteur te rappelle à l’ordre, t’enseignant qu’il n’y a pas à tergiverser plus longtemps et que tu dois prendre les armes pour te relever et garder la tête haute. Bref, des hymnes guerriers as fuck sans tomber dans l’auto-parodie d’un style où prolifèrent les flûtes et les chansons à boire. Une bonne découverte en somme.

    Enfin, Khors attaquent et, je ne sais pas si c’est la Guldendraak qui monte, ou la goutte de Jagger, ou encore la fatigue du milieu de semaine, mais ça m’a carrément moins emballé. Khors, c’est un groupe Ukrainien avec un des guitaristes de Nokturnal Mortum. Et du coup, tu t’attends à du Nokturnal Mortum worship. Et c’est exactement ça…en carrément moins bon. Tu prends le riffing de NM, t’enlèves la majeure partie des synthés et toutes ces fioritures qui rendent le groupe légendaire Ukrainien si particulier, et t’obtiens un groupe très peu inspiré qui se contente d’appliquer une recette sans y intégrer le feeling si nationaliste qu’on retrouve chez eux. Et puis la gueule du chanteur qui a l’air de sortir tout droit d’un groupe de Death mélo finlandais (+ le gratteux  trop démoniaque sur sa BC Rich aha)…Bref, on dirait qu’on privilégie l’attitude à la musique et c’est dommage. Alors, c’est con quand même, parce que chaque début de morceau ne laisse présager que du bon…Et puis y’a quelque chose qui fait que ça retombe totalement à plat…Exit les batailles épiques, la volonté de défendre ses valeurs nationalistes ou la méditation dans une caverne isolée en pleine forêt…Place à un ennui profond face à un groupe qui se contente d’imiter sans quelconque intérêt. Il y a juste les deux dernières chansons qui m’ont un peu redonné « espoir », avec des riffs beaucoup plus thrashy et ses passages bien plus inspirés. C’est con de devoir attendre la fin d’un concert pour réussir à apprécier un peu la qualité d’un groupe. Je dis ça car ces dernières chansons ont vraiment quelque chose d’intéressant et ça rattraperait presque le reste de leur concert…Dommage d’en arriver là. C’est un peu comme te taper une femme au corps à faire bander un cheval…et se rendre compte qu’elle à la tête de Balasko…. Bref, c’est pas ça qui me motivera à m’intéresser à ce groupe.  Et puis c’est QUOI, ce putain de bruit de métronome entre chaque chanson ????? Sérieux, c’est du gros foutage de gueule, les mecs savent pas jouer ou quoi ??? Bordel, c’est bon quoi, vous faites pas du Prog non plus, faut arrêter !!! Surtout pour une batterie qui a l’air assez surfaite au final…

En général, les concerts proposent une montée en qualité des groupes. Pour ma part, ce soir ce fut l’inverse. Un premier groupe au summum, bien qu’un peu en décalage par rapport au reste de l’affiche, un second qui m’aura fait l’effet d’une très bonne découverte, et un troisième assez en dent de scie qui m’aura laissé plutôt mauvaise impression.

Merci donc à Ondes Noires qui, depuis la fermeture temporaire (je l’espère) d’El Diablo, se démerde pour continuer à faire vivre la scène Underground mondiale. Tout ça près de chez moi, j’ai vraiment pas à me plaindre. Un très bon moment qui aura piqué le lendemain au taff, mais ça en vaut toujours la peine.

Au programme, le week-end prochain, je vais aller soutenir mon tio Ulf (de WOTU)  avec une date locale. Au programme : Surpuissance, Sepulchral Voices et Excruciate 666. Toujours un plaisir de voir les trucs locaux et aussi une bonnes occaz de soutenir le saint père Ulf.



Pour l’anecdote sinon, au cas où les gens me demanderaient, je n’ai pas voulu faire de report pour le Call of Terror pour plusieurs raisons. Déjà, me connaissant avec mes punchline nazies, je n’aurais pas pu m’empêcher et je ne voulais pas porter préjudice à l’orga. Et puis les portables étaient interdits et je fonctionne pas mal par notes, histoire de retranscrire au mieux ce que j’ai pu ressentir sur l'instant, donc pas possible de faire un truc que je juge médiocre et qui va à l’encontre de ma conception du LR.