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dimanche 15 janvier 2017

Black Death Invasion Part III @ El Diablo (Lille) 14/01/2047


    Ce que j’aime ces week-ends où je peux me taper deux concerts d’affilé. Ce soir, j’hésitais avec une date bien plus salivante en Belgique mais finalement, me voilà optant pour ce concert quasi local sur Lille dans une salle qui me plaît, en compagnie de personnages au verbe haut et à la personnalité forte.

    Ne pouvant décoller avant 19h (ben oui, y’en a qui bossent les samedi), je loupe le premier groupe qui était Cryptogenic, et j’en suis désolé, non pas parce que ça avait l’air bien, mais tout au contraire histoire de rire un coup.

    Metrydia a déjà attaqué lorsque nous descendons prendre la première bière et, dès le début, je sais que je n’aimerai absolument pas. Les gars officient dans un Black/Death à la voix de corbeau asthmatique qui insupporte au possible, reprenant tous les codes classiques de ce genre de truc, mais sans intérêt. Il y a tellement de groupes interchangeables aujourd’hui, surtout dans le Black, mais alors là, ça m’a vraiment fait ni chaud ni froid. Le seul truc que j’ai trouvé raccord, c’est le look des mecs en fait aha. Avec un chanteur tout droit sorti de l’asile et chaque membre du groupe habillé d’un T shirt blanc déchiré, le corpse paint ultra blafard. Du coup, manque plus qu’à trouver la recette qui marche…Ou splitter, c’est selon.

    Bon alors faut aussi savoir que j’en attendais absolument rien de cette date et que j’y allais surtout pour voir les potes (mon petit Ulf !), mais bon, toujours curieux de découverte, je me poste devant Epidemian, totalement inconnus au bataillon. Seul groupe purement Death de la soirée, les mecs ont pris leur pied en te balançant un gros Brutal Death flirtant parfois avec des breaks « core » en 0000 0000 0000 (les musiciens comprendront), pas trop mal placés et qui en auront fait fuir certain (alalah, le public BM de base hein ^^). Perso, bien que très classique, j’ai trouvé leur rouleau compresseur musical comme une brise d’air frais mais qui t’assomme quand même à grands coups de tabassages en règle soutenus par un batteur assez fou en fait et une technicité assez travaillée au niveau des instru. Par contre je ne vois absolument pas l’intérêt d’avoir deux chanteurs. M’enfin, ils ont l’air de s’éclater c’est le principal. Et puis au fur et à mesure du concert, tu te sens tout simplement écrasé sous un monticule de cadavres en putréfaction qui t’étouffe. Bref, de la bagarre qui tâche ton falzar de puceau, accompagné d’une technique, parfois un peu à la limite du démonstratif mais les mecs arrivent quand même à éviter ce travers. Et puis c’est un peu un détail inhérent à ce genre de trucs. Un bon petit groupe de première partie en somme.

    Sans transition, c’est au tour de Nirnaeth que j’attendais assez. Alors faut quand même que je te parles de mon rapport avec un groupe qui tourne autant dans la région. Franchement, quand quelqu’un me dit qu’il ne les a jamais vu, je me dis « autant demander à un aveugle s’il veut entendre ». J’aurais chroniqué trois ans en arrière, je les aurais descendus en flèche. Car j’ai bien dû les voir cinq fois et, à chaque fois, je me barrais au bout de 2-3 chansons, ne comprenant pas l'engouement autour de ce groupe. Et puis, un jour au Midland (l’année dernière il me semble), je suis resté…tout le concert, tellement j’avais trouvé un intérêt que j’avais occulté avant ça. J'appris par la suite que les mecs avaient un nouveau batteur depuis la dernière fois où je les avais vus, batteur qui avait officié dans un autre groupe local et m’avait assez subjugué par sa technique et sa puissance de frappe : Duwarhk. Du coup, est-ce que la batterie faisait défaut auparavant ou est-ce moi qui ai eu un déclic providentiel…La question me passe un peu au-dessus et je m’en branle un peu de la réponse. Je retiens surtout le fait qu’il est jamais trop tard pour apprécier un groupe. 

    Bref, depuis ce temps-là, je les revois encore une fois et j’apprécie encore plus, et pour être franc, ce soir, ce fut absolument qualitatif. Ce que j’aime énormément dans leur Black/Death traditionnel, c’est surtout cette alternance blast-beats et mid-tempo et, puisque je te parlais du batteur plus haut, le mec est juste ultra bourrin en fait. Alors t’en as qui jouent vite et triggent le bazar pour apporter plus de puissance. Je dis pas, ça passe, mais j’ai tendance à préférer les sons plus franc et naturels avec le temps, et c’est exactement ça avec Nirnaeth. A la fois instinctif et travaillé, sans tomber dans un Raw black inaudible et tout en restant intègre. Et puis j’adore ce chanteur, un Collin Farrel aux cheveux longs, qui a sa manière bien à lui d’occuper la scène. Je lui trouve quelque chose d’aristocratique en fait, je ne sais pas pourquoi aha. Sa voix, ni trop black, ni trop death trouve un assez bon équilibre. Alors certains diront que c’est un peu surfait. Perso, bien que pensant ça auparavant, je me rends compte que c’est tellement bien joué que finalement, ça prend facilement aux tripes, et j’en veux pour preuve cette dernière chanson ultra inspirée. Et même si t’as l’impression que les gars appliquent une recette dans la plus pure tradition, ça suinte quand même la passion et le travail derrière. Il leur manque juste un petit plus pour se démarquer définitivement et devenir un groupe qui ne fait pas que des premières parties comme c’est le cas jusqu’à présent, mais ils sont bien partis pour connaître une évolution de la sorte. Bon, je conclus là juste en disant que ça m’a fait plaisir de pouvoir chroniquer un groupe local que je détestais avant et qui m’a fait fermer ma gueule depuis 2016 éhé.

    Passons ensuite au dernier groupe de la soirée : Spectre. Belge mais francophone, ne pas confondre avec le talentueux Spektr de France. Ils auront déjà commencé lorsque je descends m’envahir les esgourdes d’un Black Metal froid et dans la plus pure tradition norvégienne. La première chanson avait l’air assez posée et mid tempo, mais la suite viendra casser ce faux avis grâce à une déferlante qui provient directement des enfers, comme si Cerbère lui-même était envoyé sur Terre afin de dévorer nos âmes de larves inutiles. Ouais, je sais, le Black traditionnel, ça m’inspire pas mal éhé. Et puis j’insiste, mais c’est tellement dans la plus pure tradition nordique, rappelant tantôt un Mayhem période Wolf’s Lair Abyss, tantôt un vieux Marduk qui aurait copulé avec un 1349 sur fond de breaks lancinants. Froideur incisive et corpse paint assez effrayant, les mecs savent en imposer et se cachent parfois derrière un mur de fumigènes qui nous laisse entrapercevoir cette aura inquiétante dégagée par leur musique. Y’a pas à dire, c’est tellement bien fait que ça marche du feu de Satan, comme si Lucifer lui-même s’était invité à Liège, susurrant à l’oreille des mecs la façon d’endoctriner la plèbe avec ses maléfices. Et puis l’effet que ça me fait, le résultat final qui me percute le crâne si tu veux, c’est que j’y retrouve autant des groupes précités que du Aosoth ou du 1349. Mais absolument pas dans la musique, juste dans l’effet qu’elle me procure. Bref, je me comprends et j’ai carrément apprécié cette découverte, même si je leur reprocherai juste une chose : c’est ces blancs entre chaque chanson. Il manquerait des transitions ritualistes ou des invocations sataniques et le truc, en plus d’éviter au public de revenir à la réalité toutes les cinq minutes, transcenderais l’ambiance que cherche à dégager le groupe. Allez, la prochaine fois j’y tiens et j’y  crois. La bonne surprise de la soirée donc, avec un nom très évocateur et qui marche du tonnerre, qui vient défourailler la chatte de ta grand-mère en mode Leatherface. Ah oui, et j’oublie mais j’en parle : pas de bassiste ce soir. Mais bon, c’est du True Black, y’a pas besoin éhé.


    Bref, en conclusion, malgré un début de concert qui démarrait pas top, un enchaînement où la qualité est monté d’un cran à chaque groupe, nous proposant chacun à leur façon une approche différente de la violence et de l’intégrité dans leur propre style. L’occasion pour moi de passer un bon moment (et j’avoue, de picoler un coup quand même aha). Et je tiens à remercier encore une fois El Diablo qui commence à devenir un second foyer les week-ends. Et bien évidemment les groupes et le public présent (bien que quelques mecs lourds de chez lourds m’ont assez hérissés le poil). 

    Et la prochaine (mais je ne sais absolument pas si je ferai un Live Report, sachant que les portables y seront interdits, et par conséquent, je ne pourrai pas trop prendre de notes), parlera de Reich et d’humanité aryenne. Le tout sur la région lyonnaise.

samedi 17 décembre 2016

Seth + Hemelbestormer + Mortier @ El Diablo (Lille) 16/12/2016



    Je te laisse imaginer le bordel que fut cet enchaînement de week-ends. J’ai enchaîné six concerts sur deux week-ends d’affilée, à savoir les Vendredi, Samedi et Dimanche à chaque fois. Du coup, un peu la gueule dans le cul, je n’aurais fait que deux Live Report. Mais je me rattrape aujourd’hui avec une date ayant eu lieu hier chez notre bon vieux de La Chimère : El Diablo. Et mine de rien, avec le week-end prochain et leur date de Chiptune, ça me fera fouler ce sol démoniaque au moins une fois par week-end en un mois éhé. Mais ils le méritent, car le choix des bières est très bon, le son est juste excellent pour une salle lilloise. Peut-être l’éternel problème du pilier central mais c’est le cas dans chaque salle de concert en sous-sol. Perso, ça me dérange pas et c’est avec plaisir que je me bouge le cul, non sans préalablement avoir déjà sifflé une bonne Anosteke Hiver, pour voir un des vétérans de la scène Black française : Seth.

    A savoir que je ne connaissais absolument rien des premières parties, m’en fichant un peu bizarrement, mais ayant finalement eu deux surprises. Et je commencerai par la mauvaise. C’est triste car Mortier donnent leur premier concert ce soir et je vais pas spécialement être encourageant, mais le but de mon blog, si tu me lis de temps en temps, c’est de donner un ressenti sur de petites dates, que ce soit bon ou mauvais. Sachant que je pars du principe qu’une chronique, implicitement,  est quelque chose de totalement subjectif. Ou alors, faudrait vraiment avoir un melon pas possible pour prétendre donner des critiques objectives (mais si si, y’a des connards qui osent le sortir).

    Bref, Mortier démarrent donc, pratiquant un Sludge/Doom des plus classiques et, dès la première chanson, force est de constater que je n’arrive pas le moins du monde à ressentir la poisse qu’ils essaient de générer. Et c’est con parce que leur son est juste énorme, comme on en entend rarement dans ce genre de truc. Alors je me dis que c’est peut-être dû à l’effet « première chanson », comme beaucoup de groupes aiment poser ce genre d’ambiances lentes avant d’attaquer sur une track plus représentative du truc. Mais malheuuuuuuuuuuuur. La seconde me fait le même effet : l’impression constante d’entendre du break encore et encore et encore…Aaaaargh mais il est où le feeling là-dedans ? Autant j’arrive a apprécier l’expérience auditive d’un Sunn O))), ou les longues plages soporifiques d’un Dark Ambiant des plus classiques, mais là, pitiééééééé. Je me suis vraiment fait chier quoi. Et pour le coup, les mecs portent bien leur nom, sauf que pour consolider leur Doom/Sludge pachydermique , faudra penser à varier le truc. Alors je sais pas si j’étais pas en condition ce soir-là, où si c’est le fait que j’ai enchaîné pas mal de dates où le Sludge était à l’honneur, ou encore si après avoir vu Lethvm, je me dis qu’il sera difficile de trouver mieux… En tout cas, le mortier n’aura pas pris avec moi. Et je me répète mais c’est con, parce qu’il y a un son terrible pourtant, et les mecs savent jouer ça se voit… Une déception du coup, mais la plupart du public a eu l’air d’apprécier (la subjectivité je disais?). Pour moi, ça reste un groupe interchangeable, mais qui sait... j’ai déjà été surpris d’apprécier un groupe que j’avais détesté auparavant et je leur redonnerai sûrement une chance si je les recroise en première partie.

    Bon, par contre là y’a du lourd qui se prépare. Sous le nom mystérieux d’Hemelbestormer se cache un quatuor qui officie dans un Post-Metal qui m’aura surpris et foutu une bien bonne claque. Pour faire simple et être direct, c’est pile poil le genre de mélange entre Post-Rock et Metal qui marche du tonnerre chez moi. T’as absolument tout : du riff ultra lourd qui t’assomme comme un char te tombant en pleine gueule, de la mélodie déstructurée avoisinant régulièrement la dissonance et des structures alambiquées où la recherche est primordiale, tout en restant simpliste mais tellement détonant. Pouaaaaah mais ces mecs ce sont les dignes fils de Russian Circles, c’est pas possible !!! Pas pu décrocher de tout le concert tellement c’était hypnotique, avec leur 666 pédales d’effets, les mecs savent te poser une ambiance introspective as fuck sans tomber dans les travers de la branlette de manche qui les ferait passer derrière la barrière du prog. Non, eux savent doser les choses comme il faut, imposant leur lourdeur, illuminant leur chanson au bon moment d’une mélodie purement Post-Rock avant d’exploser d’un cocktail détonnant et ultra prenant. Et le côté instrumental du truc renforce encore plus cet aspect introspectif que je ressens quand je vois ce genre de groupe. Les mecs en ont bouffé du Post-Rock depuis le berceau et ça se sent ! J’en veux pour preuve ce batteur au jeu purement alambiqué, typiquement déstructuré mais qui sait monter en puissance comme il faut. Et le pire dans tout ça, c’est qu’ils trouvent le riff aussi incisif que si tu déchirais l’hymen de ta petite sœur. Convaincu, j’achète donc leur cd les yeux fermés avant de me placer de manière pas trop dégueulasse pour Seth.

    M’y étant mis il y a peu avec leur superbe album Les blessures de l’âme, je n’avais absolument aucune idée de ce qu’ils faisaient aujourd’hui, ayant toujours un peu peur de l’évolution d’un groupe après un album aussi culte. Je fais un petit aparté mais j’apprécie énormément  ce côté osé du premier album où les mecs te foutent juste un petit synthé sans tomber dans les travers d’un black symphonique ultra surfait. Et mon premier ressenti aura été que les gars savent te jouer un truc presque raw mélodique finalement, qui marche assez bien à grand coup de riffs majestueux et une voix reconnaissable entre mille : celle de Saint Vincent (Blacklodge, Vorkreist, The Arrival of Satan…Rien que ça éhé) venu pousser la chansonnette derrière le micro depuis 2016. Je sais pas mais j’ai un truc avec la voix de ce mec qui sonne peut-être assez classique mais je trouve vraiment qu’elle se démarque de l’éternel cri de corbeau asthmatique qu’on entend souvent dans cette scène. Alors ici, exit les aiguilles et l’héroïne, mais quelque chose subsiste dans la prestance du mec, à savoir toujours un satanisme pur et dur insufflé dans le micro qui ira jusqu’à te posséder totalement au fil du concert. Beaucoup de passages rythmiques, peut-être un peu trop par moment, mais qui fait flirter le groupe aux confins du Black/Indus (et ça m’étonnerai même pas qu’en cd, ça tire beaucoup vers ce sous-genre). Ou alors c’est la fameuse patte française qu’on reconnait au sein de ces groupes si particuliers. Bah oui, parce que pour moi (même si je suis assez fan malgré tout), le Black français n’est pas représenté par Peste Noire (entre autres), mais bien par toute une lignée de groupes assez dissonants et particuliers tels que Seth justement, mais aussi Aosoth, Antaeus, Deathell Omega ou Blut Aus Nord. Pour en revenir à mon ressenti du concert, je trouve ça juste GENIAL les passages hyper blastés sur fond de dissonance avec ce guitariste ultra réservé qui est peut-être le seul à ne presque pas porter de corpse paint. Mais bizarrement, c’est le genre de truc qui me passe au-dessus. Alors chez un Behexen ou Azaghal, ça m’aurait choqué, mais absolument pas chez Seth.  Et les mecs arrivent à être ultra carrés tout en restant assez true dans leur démarche. Je ne saurais pas l’expliquer mais ça se sent totalement ce genre de truc. Enfin bref, je pense avoir fait le tour, étant donné que je ne connais qu’un album et justement, quel plaisir d’avoir enfin une chanson des Blessures de l’âme en fin de set, et quelle chanson ! Celle-là même qui clôture l’album en question puisqu’il s’agit de A la mémoire de nos frères avec son riffing saccadé du début et ces mélodies limite pagan parfois. Mais ça marche à fond et c’est totalement sur le cul que je finis le concert, à la limite du PLS cervical.


    Deux claques sur trois groupes, je trouve ça plus qu’honnête et je tiens à remercier particulièrement Riffeater qui nous a permis d’assister à une date monumentale avec un groupe que j’estime assez bien calé dans la scène. Merci aux groupes ayant joué également, au public qui s’est bougé et également au El Diablo, qui est une salle que j’apprécie énormément avec le temps. Changez pas les gars, c’est juste parfait !

Prochaine étape : la soirée Nintendocore/Chiptune à El Diablo également.

ONLY LIVE IS REAL

lundi 5 décembre 2016

Pensées Nocturnes (Paria) + Ave Tenebrae @ El Diablo (Lille) 04/12/2016




(Bon, par contre j'ai a nouveau des soucis de mise en page et de couleurs dès que je fais un copier/coller, que je n'arrive pas à régler. J'espère que ça ne te gâchera pas la lecture!)


    Le Live Report d’Urfaust à peine en ligne que je vois cette annonce : « He oui les gars. La surprise était de taille. Et il est l'heure de la révéler: ce soir au el diablo, la venue magique et exclusive de Pensées Nocturnes sous le nom de Paria, beau cadeau de Ondes Noires Lille à tous les fans nordistes du groupe. On vous aime. Bougez vous. ». Mais bordel, deux jours à enchaîner des concerts et ne dormir que 4 heures, associé à la reprise du taff du lendemain, je t’avoues que j’ai exceptionnellement badé. Déjà les dimanches soirs sont pas forcément joyeux, mais alors là… Finalement, après deux heures de réflexion, à pas me sentir capable d’y aller, ni une ni deux, je saute dans ma caisse direction Lille. Le tout premier concert d’un groupe qui a une signification tellement particulière pour moi… J’aurai regretté toute ma vie de les avoir loupés.

    Bref ! En 30 minutes, me voici devant El Diablo, et il s’agit d’Ave Tenebrae qui nous abreuve de leur Black/Death mélodique. T’auras bien sûr compris que j’aurais donc loupé Hast, mais je les avais déjà vu auparavant donc c’est un moindre mal (c’est aussi pourquoi je ne les ai pas mis dans le titre de ce LR). Une mousse en main, je retrouve donc les personnes de bonne compagnie qui m’avaient motivés à me bouger et, force est de constater qu’il y a peu de monde pour un tel événement. Tant pis pour l’asso, tant mieux pour moi. Au moins, pas de soucis pour se placer et apprécier le Black/Death des français. J’aurais malheureusement loupé la moitié du concert avec mon arrivée tardive, mais les trois chansons que j’ai entendues m’ont totalement convaincu. En fait imagine une sorte de Sacrificia Mortuorum qui se mettrait à faire du Black/Death. Le résultat est assez convaincant et les mecs assurent comme il faut. Entre le chanteur et ses airs à la Tonton Benton, le bassiste très motivé, le guitariste un peu en retrait qui vit sa musique à sa manière et un batteur qui sait frapper fort, la recette marche du tonnerre. J’ai quand même l’impression que les mecs tirent un peu sur l’avant-garde parfois, ne serait-ce que par ces breaks où la basse est très présente, sur fond de guitare lead résonnant comme une invitation à la contemplation. Contemplation vite balayée par une tempête de blast et de riffs tous plus mélodiques les uns que les autres, mais pas en mode tapette soyons clair ! Non, ici tu prends du riffs et du lead purement black mélo et tu le fait tournoyer juste assez pour fermer les yeux…Et devoir les rouvrir car un autre break qui sort de nulle part s’insinue dans tes esgourdes pour que ton cerveau pète un fusible. Alors dit comme ça, ça aurait pu être un descriptif d’un groupe de prog, mais détrompe-toi ! J’ai l’impression que la recherche de la variété des différents passages est une priorité première pour le groupe, sans tomber dans des travers casse-couilles comme on en voit trop souvent dans le metal à lunettes. Et puis ça permet aussi de pas se faire chier une seule seconde parce que ce sont quand même des chansons à rallonges aha. Je pense avoir fait le tour de mon ressenti. Je finirai juste sur ce final où l’ensemble te donne simplement envie de brandir le poing tellement ce fut prenant, avant d’enchaîner avec une conclusion ultra mélancolique, où chaque instrument finit par s’éteindre peu à peu, afin de laisser place au calme et au retour à la réalité. Il n’en aura pas fallu plus pour me convaincre d’acheter leurs deux albums. Et d’ailleurs, j’écoute justement Tandis que les parjures se meurent, et je constate que la dernière chanson live fut la dernière de l’abum. Alors fonce écouter cette chanson éponyme de ce pas !

    Peu d’attente entre les deux groupes, et c’est notamment ça que j’aime chez Ondes Noires : l’aspect très pro du truc. Pas que ça me dérange de faire durer un peu entre chaque groupe mais là, j’ai quand même un taff à assurer le lendemain aha. Bref, pour l’anecdote, la tête d’affiche était censé être un groupe factice nommé Paria. L’idée m’a quelque peu énervé à l’annonce de la chose mais j’ai eu certaines explications après coup. Notamment l’envie du groupe de voir comment se passe leur premier concert, en mode assez intimiste. Et quand j’y repense, le descriptif de Paria était un putain d’indice pour découvrir que Pensées Nocturnes jouerait ce soir (je te fous en bas d'article ce descriptif d'ailleurs). Ajoute à ça l’envie de PN de monter un line-up live en début d’année, ainsi qu’une question lancée sur leur facebook afin de savoir quelles chansons les gens voulaient entendre.... En résumé, plusieurs indices qui, mis bout à bout, se rendent assez évident. 

    Et finalement, cette démarche est totalement à l’image du groupe. Grotesque et absurde, tout en restant sérieuse. C’est donc excité comme un gosse s’apprétant à voir entrer le clown sur la piste de cirque que je me sens : curieux et impatient à la fois. Et force est de constater que les mecs font fort. Rien que leur habillage est juste PARFAITEMENT à leur image. Le chanteur (tête pensante de ce one-man-band studio) torse nu, avec ses bretelles et son maquillage de clown inquiétant, entouré de son orchestre de fantômes décharnés. Parfait, le spectacle peut démarrer. Tous les instruments réguliers sur albums y passeront : trompette, harmonica, accordéon… Le tout accompagné par les guitares tantôt black, tantôt lancinantes, tantôt jazzy, la basse suintant la mélancolie, la batterie juste extrêmement violente (je ne m'en rendais pas compte à l'écoute des cds, pourtant c'est flagrant, notamment sur Rahu!)  et la voix dépressive si caractéristique de Vaerohn, mais alterné également avec celui d’un des guitaristes. Mais pas que ! Car si tu connais PN, tu reconnaîtras également ce chant clair tellement lancinant et déclamé tel un artiste dans le cabaret dépressif qu’est devenu El Diablo ce soir. Et sérieux, les interludes trompettes et piano sont juste ultra magiques. Et tu te retrouves plongé en plein théâtre du Grand-Guignol où le grotesque tient une place de premier choix. Un peu à l’image de la démarche du groupe. Car si Vacuum nous offrait un Black Dépressif aux relents de Chopin et de musique néo-classique, le second a tout de suite posé les bases d’un style unique en son genre, comme si Vaerohn avait juste envie d’aller véritablement en contre-courant d’un courant musical qui se suicide à petit feu. Et bizarrement, sans vraiment arriver à mettre le doigt dessus, j’arrive à comprendre la démarche et la voie qu’il a trouvé, me délectant depuis tant d’année de ces lancinantes pièces contenues dans chaque album. En fait, il ne manquerait plus que le marionnettiste penché au-dessus de la scène, faisant vivre cet orchestre décharné, tellement grotesque où les parias du Black Metal se sont imposés comme une référence en matière d’avant-garde à la française. Et justement, t’es totalement projeté dans cette vieille France du XIXème siècle, au sein même de Paris pour être plus précis, avec ses ruelles pavées infestées de rats où l’artiste ivre se perd, comme s’il se retrouvait projeté au cœur même des méandres de sa vie. Car chez Pensées Nocturne, il est impossible de dissocier la dépression de cet absurde tableau peint par notre existence. Et ils auront réussis à nous le prouver à merveille via ce premier échange avec les marionnettes que nous sommes, manipulés par l'artiste qui aura su nous modeler dans ce moule d'absurdité grand guignol sans faille, ni limite.
Et quoi de plus enthousiasmant au sein de cette folie que de découvrir un nouveau titre nommé Deux bals dans la tête, ne laissant présager que de bonnes choses pour l'avenir du groupe, poussant le concept du cirque absurde encore plus loin. Lorsque les lumières se rallument, je suis tout simplement subjugué par ce concert qui m'aura paru durer que 5 minutes. Une chose est donc sûre : la magie manipulatrice de Pensées Nocturnes fonctionne donc bien en concert!

N'oubliez pas : Ceci est de la musique!

En bonus, je rajoute la setlist du concert, chose que je ne fais jamais, mais dans le cas de Pensées Nocturnes, il me fallait ajouter un peu de sérieux dans ce blog où le ressenti à chaud prime sur la rigueur et l’analyse pseudo intellectuelle comme le fond certains magazines à l'ego surdimensionné.



Un immense merci à Ondes Noires du coup, qui m’ont permis d’assister à un de mes concerts coup de cœur de l’année. Merci à la salle et merci aussi aux groupes, qui m’ont tout simplement subjugués par leur concept.

"Comme un vide oppressant dans une allée sans lumière, comme un cirque ridicule et grandiose, comme un air de musette sali par la pisse et rongé par les vers, comme une table remplie de victuailles et de boissons, la musique de Paria Ne se laisse pas apprécier facilement, car elle vit par elle même. Elle se tortille, se mélange, se crispe. Les voix chantent, sifflent, hurlent. Les instruments se marient, divorcent et font la fête, ou se tabassent. 
Paria Nourrit une belle part d'expérimentation, de pensées sombres, et fort de déjà quatre albums, le projet, mené d'une main verdatre par son chef d'orchestre malade va se produire pour la première fois sur les planches, chez nous, à Lille. Ceci est de la chance que nous avons. Il ne faut pas la laisser passer. "

SETLIST : 
Monosis
Paria
Le Marionnettiste
Rahu
Deux bals dans la tête
Les Yeux Boiteux.

dimanche 18 septembre 2016

Doom Metal Night @ El Diablo (Lille) 17/09/2016


    Je ne sais pas si c’est la chaleur d’Août ou mes semaines de taff ultra speed mais le temps se ralentit énormément les weekend. Après Skepticism et la date de Stoner/Sludge à Valenciennes, me voilà embarqué dans une date 100% doom dans la cave d’El Diablo, qui commence sérieusement à devenir une résidence secondaire pour cérémonials impurs de l’enfer éhé.

    Le temps de se rafraîchir le gosier à grand coup d’Anosteke pression, et c’est Dunwich qui démarre. Ces calaisiens m’étaient totalement inconnus au bataillon, n’étant pas vraiment un connaisseur du Doom et de ses dérivés. Faut savoir qu’il y a une paire de groupes qui me parlent, mais ce n’est pas non plus une scène que je désire spécialement fouiller en ce moment. En gros, le peu que je connais me suffit. Et donc, force est de constater que ce premier groupe démarre sur les chapeaux de roues. Mais là où l’event nous parle de Doom/Sludge, j’ai trouvé le bazar plutôt orienté Stoner/Sludge. Alors, loin d’être déçu du truc, je me rends surtout compte qu’en ce moment, tous les events nous trompent sur la marchandise. Je me sens trahi comme Gilbert Montagné chez l’opticien et c’est bien triste ! M’enfin, revenons au groupe en lui-même. En fait, leur Stoner Sludge envoie quand même du pâté, mais faut pas en attendre quelque chose d’innovant. Ça m’a pas mal rappelé Crowbar en plus Stoner, avec une voix à la Phil Anselmo. D’ailleurs, le chanteur serait aussi à la tête du projet Gouda’s Hole, one man band de cybergrind nordiste assez WTF. Bon, malheureusement ce soir il aura un bras dans le plâtre, donc pas trop de jeu de scène. Mais c’est comme si un des deux guitaristes devait rattrapé le truc. Le mec, un cou à la Kerry King, en grosses postures et motivation à la Kirk Winstein. Alors c’est assez cool, car la musique donne vraiment envie de se retrouver dans une cave avec une teille de whiskey à la main. Bon la cave c’est ok, mais je devrai me contenter de Pils ce soir. Alors jusque là, tout va bien. Le souci c’est qu’ils annoncent une chanson beaucoup plus Doom…Et là ça se gâte. C’est comme si les mecs étaient pas fait pour en jouer. J’ai trouvé ça assez fade et c’est con, parce que leur Stoner est vraiment pas mal putaiiiiin !!!  Bon, je m’étendrai pas là-dessus, mais pour une première partie ça se défend pas mal, et ce rappel avec Zombies était quand même ultra cool ! Mais les gars, essayez pas de faire du pur Doom, vous êtes bien meilleurs dans le Stoner/Sludge.

    Second groupe de la soirée : Mantras, de Poitiers (comme notre tête d’affiche que j’attends avec impatience). J’arrive un peu à la bourre. J’ai vraiment pas l’habitude quand les salles jouent plus ou moins à l’heure. J’t’assure, ça me perturbe c’est dingue. Enfin bref, j’arrive sur ce qui me semble être la deuxième chanson et là, je suis sur le cul. Parce que j’ai l’impression d’entendre du Stoner….mais avec une de ces influences Post-Rock à mooooooooooooooooooooooort !!!! Alors ils sont que trois en plus, mais bordel quelle claque inattendu Oo Un mélange que je n’avais jamais osé imaginé, moi, grand fan de Post-Rock aaaaarrrrrrrgh ! Par contre, le souci c’est que c’était absolument la seule chanson dans cette veine… Eh oui, c’est con, du coup je me suis fait une fausse idée du truc. Le reste ressemble simplement à du Stoner, dans la veine d’un Orange Goblin en beaucoup plus réfléchi et complexe, on sent que les mecs taffent vraiment bien leurs instrus à tel point qu’on pourrait parfois entendre du Prog aha. Alors ça m’a vraiment plu, mais y’a toujours cette déception qui veut pas sortir de mon esprit, celle de la découverte d’une chanson mélangeant Post-Rock et Stoner, qui m’a vendu du rêve, mais qui retombe dans carrément autre chose après. Enfin bref, mis à part ça, c’est vraiment sympa, peut-être un peu plus mélancolique que le premier groupe (ouais ok, c’est Stoner donc ça donne envie de picoler, de faire de la moto et de tuer des hommes d’affaires sodomites, mais chez eux y’a vraiment un petit truc en plus qui font qu’ils se démarquent du reste). Par contre….Je vais encore râler, mais pour moi la voix ne sert absolument à rien. La musique est tellement intéressante qu’elle se suffit à elle-même. Après le gars chante vraiment pas mal mais pour moi, ça n’apporte absolument rien au truc. Bon, heureusement pour moi, les vocalises sont aussi anecdotiques qu’un africain au centre communal des jeunesses Hitlériennes, et ça m’aura pas vraiment gâché le truc. Par contre, encore une fois, je viens à une soirée Doom et on se retrouve une fois de plus avec un groupe qui officie dans un autre genre. Ouais mais tu me diras, c’est un sous-genre, c’est pour englober le truc etc…Non, mais vu la tête d’affiche de ce soir, y’a pas de soucis à être pointu, je vois pas où est le problème. Et puis, entre du Doom bien dégueu et poisseux et du Stoner lourd et ultra joyeux, y’a un fossé… Enfin bref. Pour résumer Mantras : un groupe à voir au moins une fois, intéressant malgré de subtils défauts pour ma part. Ah oui, et puis ce côté jazzy dans la basse sur la chanson annoncée comme composition du Bassiste (forcément !).

    Je passe au groupe suivant avec un peu moins de transition que d’habitude (dimanche chargé oblige !), et je ne te parlerai pas de Smog, tout simplement parce que je suis descendu dans la salle, j’ai entendu une sorte de Motörhead version…Stoner…Eh oui, encore, du coup ça m’a soûlé, je voulais voir plus de vrai Doom ce soir…Ils avaient l’air pas mal mais bon, y’a souvent un groupe que je zappe en concert parce que j’ai envie de discuter avec les potes, m’en griller quelques-unes, etc… Bref, pas de LR pour Smog du coup.

    Et là on attaque la véritable poisse éthylique de la soirée. A savoir le groupe de Poitiers The Bottle Doom Lazy Band, groupe qui est déjà venu plusieurs fois sur Lille, mais que j’ai malheureusement toujours loupé. Ce soir, plus d’excuses, je suis au premier rang, dans un état déjà bien avancé éhé. En même temps, il FAUT pour apprécier ce groupe en concert. C’est pas péjoratif du tout, attention. C’est juste que c’est une condition optimale pour apprécier leur Doom aviné et imbibé autant par le rejet de la fange sociale que par leur éthylisme intense. J'ai connu le truc grâce à leur Interview dans le fanzine nordiste In Extremis (abonne-toi, c'est magique!), il y a quatre ou cinq ans, et les gaillards, ce sont pas des tristes, pour sûr ! Après, pour l’anecdote, faut savoir que dedans, tu comptes le batteur de Pulmonary Fibrosis (pour le coup, ça va plus vite quand même) et le bassiste officie également dans Angmar, très bon groupe de Black Français (Zurück in Die Unterwelt bordel !!!!). J’avais pas mal écouté Blood for the Bloodking à l’époque, mais je t’avoue que j’ai pas pris le temps de réviser le truc, d’autant plus que, depuis ils ont sorti un autre album. Tout ça pour te dire que je serai pas foutu de citer un seul titre qu’ils ont joué. En revanche, ça démarre sans prévenir, avec toute la lenteur qu’on leur connaît, et je pensais qu’ils étaient encore sur les balances, mais le chanteur débarque au bout de quelques minutes et nous balance ses fameuses vocalises à la limite du « lyrique » (les auditeurs comprendront ce que je veux dire je pense), dans un ton totalement lancinant et possédé par le Dieu du sang ! Car oui, le sang pour le roi du sang, titre de leur premier album, pose directement cette base d’imagerie grandiloquente, à leur façon, dans la poisse d’une cave humide, le houblon imbibant la pièce. Et leur Doom transcendé par cette voix royale justement, le genre de truc qui te donne envie de t’ouvrir les veines juste pour en emplir une coupe en honneur au roi du sang arrrrrgh. Bon alors ok, je suis influencé par le titre du premier album, mais je le ressens comme ça, et je pense qu'on peut s'approprier une oeuvre quelle qu'elle soit. Après sache que les paroles et moi, dans un groupe ça fait quand même deux. Bon sinon, ils annoncent leur dernière chanson alors qu’il ne s’agit que de la quatrième…Je me dis que c’est une blague quoi…. Et puis heureusement, ils enchaînent avec une, puis deux chansons, avant de finir sur un rappel ! Ouf ! Alors je sais que ça dure 8-10 minutes en moyenne aha, mais vu la longueur du set des premiers groupes, j’aurai trouvé ça un peu exagéré de raccourcir le temps de la tête d’affiche… Enfin bref, pour l’anecdote, ça devait faire depuis février et le No Compromise After Party que je n’étais plus sorti en sueur comme ça et avec autant de noeux dans les cheveux d’un concert…Qui aurait pu croire que c’était à une date de Doom (fin…un groupe de Doom sur quatre finalement). Et faut dire aussi que je parlais de lenteur, mais en fait, ils savent excessivement bien doser les passages plus rapides et leur feeling très lent sur d’autres passages. Et ça c’est bien bien fat en tout cas !
En gros, vraiment une claque incroyable, comme je me l’imaginais, mais en mieux éhé. J’en avait tellement entendu parlé, j’avais tellement adoré le premier opus, que ce soir fut vraiment une sacrée date qui valait, avec TBDLB, bien plus que 5 euros vu la qualité du Doom qu’ils nous proposent.

    C’est pas tout, mais cette lourdeur me rends tellement moite et poisseux qu’il est grand temps de repartir, le premier album et la première démo en main, la poisse dans l’âme et le sourire aux lèvres.

    Un groupe à voir d’urgence, deux premières parties sympa malgré quelques défauts qui auront pu me faire tiquer, mais pour une fois, un public vraiment cool (en même temps, il y avait pas de Black Metal, donc ça évite la masse de cons qui se baladent dans ces concerts), de la bière à profusion, des bonnes personnes à mes côtés et une ambiance pas loin de me rappeler la divine époque de la chimère ! J'ai peut-être fait ce Live Report encore plus à l'arrache que d'habitude, mais sache que j'ai vraiment pas le temps aujourd'hui. Et une Live Report une semaine après, c'est vraiment inutile car plus assez frais.

    Merci à la salle qui nous proposent vraiment de super dates, de super bonnes bières, merci aux groupes présents et aux bons gars qui se sont déplacés!


    Prochaine étape : No compromise Fest dans deux semaines !!! Histoire de se prendre de bonnes claques heavy/black/speed/thrash en pleine gueule

samedi 13 août 2016

Summer of Grind @ El Diablo (Lille) 12/08/2016


    Quel beau mois d’Août sérieux ! Je ne parle pas ici du temps (très en dents de scie dans nos contrées nordiques), mais bel et bien de musique. La vraie, celle qui te donne envie d’écluser des litres et des litres de mousse et de déconnecter tes neurones. La semaine dernière la date de Grind au Titans Club fut déjà tellement épique que je n’en attendais pas moins de cet enchaînement scatophile. Pour le coup, on est arrivé que 30 minutes avant le début annoncé des hostilités mais, Lille + Grind = retard. Mais on est habitué et ça me dérange absolument pas. Par contre, c’est plutôt une très mauvaise nouvelle pour ma cirrhose ces habituels retards.

    Après quelques rafraîchissements donc, c’est Essen mein Scheisse qui commence sur fond d’intro drone/noise et dialogues du Grand détournement. Inutile de te préciser que ça part quand même super bien avec de pareilles références. Longtemps j’ai vu le nom du groupe passer et forcément je pensais qu’ils étaient allemands… Mais non, on va bien manger du caca local avec ces lillois avinés et ce chanteur ultra sexy percé aux tétons. Bon par contre, je sais pas si le bandcamp m’avait vendu du rêve à grands coups de sampler débiles, mais j’ai été quand même un poil déçu. En fait les gars savent t’envoyer un gros feeling punk sur fond de grind qui lorgne sur des passages assez powerviolence, mais je pense que le son aurait carrément pu être mieux. Pas forcément besoin d’avoir un truc niquel pour du grind tu me diras, mais là j’ai pas réussi à m’éclater comme devant d’autres groupes à l’humour aussi développé que le cerveau qu’un salafiste tétraplégique. Et puis du coup, je m’attendais à beaucoup plus de sampler. Parce qu’on va pas se mentir, mais les groupes de ce soir (mis à part Unsu) sont pas très Mathcore prog à lunette hein ! Du coup, dans ce genre de trucs, les sampler apportent énormément et, bien qu’il y en ait eu avec Essen mein Scheisse, ça n’était pas assez pour moi. Après je relativise assez en reconnaissant que c’est peut-être un groupe d’ouverture quand même 100 fois mieux que ceux que je me tape à des dates de Black où ça se la joue amoureux du Cornu alors que les membres vivent du RSA chez papa maman qui leur repassent leurs vêtements. Ah oui, dernière chose (que j’ai plutôt apprécié pour le coup) : c’est ce côté répète à l’arrache dans une cave. Je pense vraiment que c’était aussi le but du groupe et justement, moi j’aime bien cette facette assumée (remarque que j’avais faite aussi dans un de mes premiers LR avec Conquerors d’ailleurs).

    Ce soir, il faut savoir qu’il n’y a pas vraiment d’ordre de groupes observé et c’est avec grand plaisir qu’Anal TV enchaîne déjà (avant que mon cerveau ne s’embrume trop). Je les avais déjà vu une fois (cf un ancien LR aussi), et depuis, j’ai pu bien écouter leur premier jet, tout de même grandiose ! Pour remettre dans le contexte, faut savoir que le groupe utilise énormément de sampler philosophiques tirés de la télé réalité entrecoupés de musiques courtes et intense sur fond de hurlements à deux chanteurs style Gronibard. Mais même si j’apprécie Gronibard, je trouve Anal TV carrément plus fun et cool. Pas de batterie (mais pourquoi s’emmerder ? J’ai l’impression que dès qu’il y a un problème dans un groupe, ça vient du batteur de toutes façons), juste une guitare et deux chanteurs déguisés en gonzesse. Vraiment un look magnifique qui donne envie de violer des mémés par la poche d’urine. Mention spéciale à celui en tutu et maquillé comme une princesse. Bon et puis, quand je disais sampler philosophiques, y’a quand même des supers  extraits de Moundir (l’aventurier de Koh Lantah), Michael Vendetta et le classique Ribery. Mais ce que j’avais moins capté la première fois et qui m’a sauté aux yeux ici, c’était le comportement du groupes qui « mime » chaque sampler en fonction de ce qui est dit. Et ça apporte carrément un truc en plus par rapport à d’autres groupes de Goregrind pipi caca. Et puis c’est toujours ENORME de finir sur la chanson Servietsky avec le mec DEGUISE en Servietsky. Une super bonne tranche de rire donc et, tout comme Wallifornian Degeneration, on se retrouve totalement propulsé en plein Obscene Extreme avec son public totalement fou qui fait n’importe quoi. Le pied ! Par contre, c’était hallucinant de voir le monde devant Anal TV. La dernière fois ou le El Diablo était aussi rempli c’était à Dodheimsgard quoi… Et pourtant, ce soir, 3 groupes lillois jouent à domicile, mais c’était vraiment pas aussi rempli sur les autres groupe de la soirée.

    Bon justement, faut dire aussi que les Unsu qui enchaînent, on les a vus et revus et rererevus depuis 5 ans. Bien qu’ils aient fait une petite pause dernièrement, je t’avouerai que c’est toujours un putain de plaisir de les voir. A ce propos, j’avais été un peu déçu de voir le chanteur Mick passer à la basse pour être remplacer par un autre (l’ancien chanteur de Goryptic si t’as un peu suivi la scène Death/Grind locale des cette dernière décennie). Mais ce soir, putain quel concert énorme ! Si j’avais encore un poil de déception sur le remaniement du line-up, franchement ça s’est ingéré, vomis, réingéré et revomis pour être violé par la bonne conscience de la qualité d'un groupe qui se rapproche plus d’un Blackheads des familles que du goregrind à proprement parler. Avec leurs chanson avoisinant les 1 minute, les mecs t’envoient une méga mandale en pleine tronche, comme un épileptique dans un lave linge rempli de vibromasseurs. Et même si on est dans un tout autre style de Grind que les trois autres groupes présents ce soir, les mecs d’Unsu s’éclatent un max sur scène et c’est une véritable bouffée de fraîcheur dans un milieu où on approche de la saturation de groupes interchangeables. Quand un truc pareil est ultra bien fait, on passe d'un groupe de plus à un groupe de plus a découvrir absolument, et putain ça change tout. Niveaux songs, même si j’ai deux sorties originales, je t’avoue ne pas vraiment avoir fait gaffe si je reconnaissais tel ou tel titre. On s’en masturbe les ovaires avec du papier de verre, car c’est le genre de groupes qui te fout une putain de montée d’adrénaline à taper des nains paraplégiques.

    Après cette immense claque, c’est au tour de Wallifornian Degeneration de monter sur scène (et il est bientôt minuit mine de rien). Troisième fois que je vois ces mecs en 2 mois, si ça c’est pas de l’amour ?!!! Du coup je risque de faire pas mal de répétitions avec mes autres LR où je parle d’eux mais osef non ? Les gars te font un truc genre Anal TV version wallonne donc, là aussi, à grands coups de sampler fun (où je comprends que la moitié tellement l’accent est huileux comme leur frites), dont l’existentielle question sur la présence de Cerise dans la Kriek Bellevue, mais aussi un extrait de notre philosophe à tous : Eddy Malou (E-doubleD-Y-Traitd’union-M-A-L-O-U) !! Et tout comme la semaine dernière, on aura la chance de recevoir des balles de ping pong, des contenants (pas d’acide, mais de lessive cette fois) et le déroulage de rouleaux de PQ histoire de se torcher le cerveau tellement cette date fut  submergée par la débilité assumée et la recherche musicale digne d’une fosse septique plein de bébés flottants à la surface.

    Du coup, je vais avoir du mal à me prendre au sérieux au Metal Méan Samedi prochain putain. Mais bon, c’est pas grave : tant qu’il y a de quoi boire, des potes et de bons groupes, c’est le principal.


    Un grand merci à l’organisation du coup, à la salle (super sélection de bières au cas où je ne l’aurai pas précisé : Anosteke en pression putain !!! Mais aussi un large choix de bières bouteilles pour un prix abordable (du moins pour le secteur lillois) où tu peux retrouver de la Bush, de la Kasteel  ou de la Trappe putain de Quadruple !!!). Bref, je m’égare mais merci surtout aux groupes (super première exportation pour WD en dehors de leurs contrées houblonnées), pour un prix vraiment sympa (le choix entre 2, 4 ou 6 balles) et aussi au public qui s’est déplacé ! Même si on revoit les même têtes, c’est quand même un public largement plus intéressant qu’aux dates de black metooool sur Lille.