samedi 13 août 2016

Summer of Grind @ El Diablo (Lille) 12/08/2016


    Quel beau mois d’Août sérieux ! Je ne parle pas ici du temps (très en dents de scie dans nos contrées nordiques), mais bel et bien de musique. La vraie, celle qui te donne envie d’écluser des litres et des litres de mousse et de déconnecter tes neurones. La semaine dernière la date de Grind au Titans Club fut déjà tellement épique que je n’en attendais pas moins de cet enchaînement scatophile. Pour le coup, on est arrivé que 30 minutes avant le début annoncé des hostilités mais, Lille + Grind = retard. Mais on est habitué et ça me dérange absolument pas. Par contre, c’est plutôt une très mauvaise nouvelle pour ma cirrhose ces habituels retards.

    Après quelques rafraîchissements donc, c’est Essen mein Scheisse qui commence sur fond d’intro drone/noise et dialogues du Grand détournement. Inutile de te préciser que ça part quand même super bien avec de pareilles références. Longtemps j’ai vu le nom du groupe passer et forcément je pensais qu’ils étaient allemands… Mais non, on va bien manger du caca local avec ces lillois avinés et ce chanteur ultra sexy percé aux tétons. Bon par contre, je sais pas si le bandcamp m’avait vendu du rêve à grands coups de sampler débiles, mais j’ai été quand même un poil déçu. En fait les gars savent t’envoyer un gros feeling punk sur fond de grind qui lorgne sur des passages assez powerviolence, mais je pense que le son aurait carrément pu être mieux. Pas forcément besoin d’avoir un truc niquel pour du grind tu me diras, mais là j’ai pas réussi à m’éclater comme devant d’autres groupes à l’humour aussi développé que le cerveau qu’un salafiste tétraplégique. Et puis du coup, je m’attendais à beaucoup plus de sampler. Parce qu’on va pas se mentir, mais les groupes de ce soir (mis à part Unsu) sont pas très Mathcore prog à lunette hein ! Du coup, dans ce genre de trucs, les sampler apportent énormément et, bien qu’il y en ait eu avec Essen mein Scheisse, ça n’était pas assez pour moi. Après je relativise assez en reconnaissant que c’est peut-être un groupe d’ouverture quand même 100 fois mieux que ceux que je me tape à des dates de Black où ça se la joue amoureux du Cornu alors que les membres vivent du RSA chez papa maman qui leur repassent leurs vêtements. Ah oui, dernière chose (que j’ai plutôt apprécié pour le coup) : c’est ce côté répète à l’arrache dans une cave. Je pense vraiment que c’était aussi le but du groupe et justement, moi j’aime bien cette facette assumée (remarque que j’avais faite aussi dans un de mes premiers LR avec Conquerors d’ailleurs).

    Ce soir, il faut savoir qu’il n’y a pas vraiment d’ordre de groupes observé et c’est avec grand plaisir qu’Anal TV enchaîne déjà (avant que mon cerveau ne s’embrume trop). Je les avais déjà vu une fois (cf un ancien LR aussi), et depuis, j’ai pu bien écouter leur premier jet, tout de même grandiose ! Pour remettre dans le contexte, faut savoir que le groupe utilise énormément de sampler philosophiques tirés de la télé réalité entrecoupés de musiques courtes et intense sur fond de hurlements à deux chanteurs style Gronibard. Mais même si j’apprécie Gronibard, je trouve Anal TV carrément plus fun et cool. Pas de batterie (mais pourquoi s’emmerder ? J’ai l’impression que dès qu’il y a un problème dans un groupe, ça vient du batteur de toutes façons), juste une guitare et deux chanteurs déguisés en gonzesse. Vraiment un look magnifique qui donne envie de violer des mémés par la poche d’urine. Mention spéciale à celui en tutu et maquillé comme une princesse. Bon et puis, quand je disais sampler philosophiques, y’a quand même des supers  extraits de Moundir (l’aventurier de Koh Lantah), Michael Vendetta et le classique Ribery. Mais ce que j’avais moins capté la première fois et qui m’a sauté aux yeux ici, c’était le comportement du groupes qui « mime » chaque sampler en fonction de ce qui est dit. Et ça apporte carrément un truc en plus par rapport à d’autres groupes de Goregrind pipi caca. Et puis c’est toujours ENORME de finir sur la chanson Servietsky avec le mec DEGUISE en Servietsky. Une super bonne tranche de rire donc et, tout comme Wallifornian Degeneration, on se retrouve totalement propulsé en plein Obscene Extreme avec son public totalement fou qui fait n’importe quoi. Le pied ! Par contre, c’était hallucinant de voir le monde devant Anal TV. La dernière fois ou le El Diablo était aussi rempli c’était à Dodheimsgard quoi… Et pourtant, ce soir, 3 groupes lillois jouent à domicile, mais c’était vraiment pas aussi rempli sur les autres groupe de la soirée.

    Bon justement, faut dire aussi que les Unsu qui enchaînent, on les a vus et revus et rererevus depuis 5 ans. Bien qu’ils aient fait une petite pause dernièrement, je t’avouerai que c’est toujours un putain de plaisir de les voir. A ce propos, j’avais été un peu déçu de voir le chanteur Mick passer à la basse pour être remplacer par un autre (l’ancien chanteur de Goryptic si t’as un peu suivi la scène Death/Grind locale des cette dernière décennie). Mais ce soir, putain quel concert énorme ! Si j’avais encore un poil de déception sur le remaniement du line-up, franchement ça s’est ingéré, vomis, réingéré et revomis pour être violé par la bonne conscience de la qualité d'un groupe qui se rapproche plus d’un Blackheads des familles que du goregrind à proprement parler. Avec leurs chanson avoisinant les 1 minute, les mecs t’envoient une méga mandale en pleine tronche, comme un épileptique dans un lave linge rempli de vibromasseurs. Et même si on est dans un tout autre style de Grind que les trois autres groupes présents ce soir, les mecs d’Unsu s’éclatent un max sur scène et c’est une véritable bouffée de fraîcheur dans un milieu où on approche de la saturation de groupes interchangeables. Quand un truc pareil est ultra bien fait, on passe d'un groupe de plus à un groupe de plus a découvrir absolument, et putain ça change tout. Niveaux songs, même si j’ai deux sorties originales, je t’avoue ne pas vraiment avoir fait gaffe si je reconnaissais tel ou tel titre. On s’en masturbe les ovaires avec du papier de verre, car c’est le genre de groupes qui te fout une putain de montée d’adrénaline à taper des nains paraplégiques.

    Après cette immense claque, c’est au tour de Wallifornian Degeneration de monter sur scène (et il est bientôt minuit mine de rien). Troisième fois que je vois ces mecs en 2 mois, si ça c’est pas de l’amour ?!!! Du coup je risque de faire pas mal de répétitions avec mes autres LR où je parle d’eux mais osef non ? Les gars te font un truc genre Anal TV version wallonne donc, là aussi, à grands coups de sampler fun (où je comprends que la moitié tellement l’accent est huileux comme leur frites), dont l’existentielle question sur la présence de Cerise dans la Kriek Bellevue, mais aussi un extrait de notre philosophe à tous : Eddy Malou (E-doubleD-Y-Traitd’union-M-A-L-O-U) !! Et tout comme la semaine dernière, on aura la chance de recevoir des balles de ping pong, des contenants (pas d’acide, mais de lessive cette fois) et le déroulage de rouleaux de PQ histoire de se torcher le cerveau tellement cette date fut  submergée par la débilité assumée et la recherche musicale digne d’une fosse septique plein de bébés flottants à la surface.

    Du coup, je vais avoir du mal à me prendre au sérieux au Metal Méan Samedi prochain putain. Mais bon, c’est pas grave : tant qu’il y a de quoi boire, des potes et de bons groupes, c’est le principal.


    Un grand merci à l’organisation du coup, à la salle (super sélection de bières au cas où je ne l’aurai pas précisé : Anosteke en pression putain !!! Mais aussi un large choix de bières bouteilles pour un prix abordable (du moins pour le secteur lillois) où tu peux retrouver de la Bush, de la Kasteel  ou de la Trappe putain de Quadruple !!!). Bref, je m’égare mais merci surtout aux groupes (super première exportation pour WD en dehors de leurs contrées houblonnées), pour un prix vraiment sympa (le choix entre 2, 4 ou 6 balles) et aussi au public qui s’est déplacé ! Même si on revoit les même têtes, c’est quand même un public largement plus intéressant qu’aux dates de black metooool sur Lille.

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