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samedi 6 août 2016

Death/Grind Party I @ Titans Club (Lens(Be)) 05/08/2016



    Bon j’avoue, je devais me taper Cattle Decapitation le lendemain de ce concert. Et puis bon, j’ai réécouté le groupe… Vraiment déçu : dans mes souvenirs c’était aussi brutal qu’un tractopelle lancé sur Bagdad. Alors qu'en réécoutant les skeud, ça m'a plutôt donné l'impression d'écouter un groupe assez surfait qui te balance un truc correct, mais qui casse pas trois pattes à un manchot. Du coup, sans hésitation, il subsistait cette date de Grind (dans 3 styles différents d’après l’event), où Balance of Terror devait se produire. Kaotoxin avait pas mal fait tourner le truc et, sans avoir jamais écouté, il faut dire que Nico sait nous dégoter de bon petits groupes comme ça. Malheureusement les mecs ont dû annuler parce qu’un des membres s’est brisé je n’sais plus quoi. Et c’est avec plaisir que je vois les Wallifornian Degeneration les remplacer !

    On débute donc les hostilités avec le curieux Krig, vendus comme du Grind psychédélique. En fait, le côté « psyché » du truc n’existe pas. Il s’agit juste de plusieurs passages tribaux frénétiques soutenus par un tam-tam épileptique. J’ai trouvé l’idée vraiment sympa, dans une scène où l’innovation est loin d’être le souci premier des groupes. Pour le coup, niveau musical, je me suis surpris à aimer et à comprendre pourquoi l’event nous parlait de 3 Grind différents. Et finalement, Krig, c’est un peu une triplette incestueuse où 3 sous-genres se tapent une orgie pour le moins curieuse : une base pas loin d’un Brutal Death des familles, entrecoupée de plusieurs passages purement Grind (un peu à la Nasum, Blockheads et consorts… Bref, le genre de truc purement viscéral qui te donne envie d’aller taper des mamans) et…surprise (car je suis un poil allergique à cette scène), des gros break Deathcore. Et pour le coup, j’ai vraiment aimé le mélange un peu WTF du truc. Je me suis un peu lassé sur la fin malgré tout. En même temps, comme je l’ai déjà mentionné dans plusieurs LR de ce blog, je me rends compte qu’avec le temps, si je connais pas un morceau, j’ai tendance à regarder en m'enlisant dans un mutisme corporel digne d’une huître paraplégique. Bon ici, j’irai pas jusqu’à cet extrême non plus, parce qu’ils ont bien envoyé du pâté les gaillards. Avec ce bassiste tout droit sorti d’un gorope de folk (je parle de la dégaine hein), un batteur assez survitaminé, un guitariste … bah un guitariste de Grind quoi aha, et un chanteur bestial au possible qui m’a un peu rappelé celui de Leng’Tche (et je dis pas ça pour la couleur de peau, n’est-ce pas ?). Non je sais pas, c’est son côté baraqué et sa façon de chanter aussi.
Une putain de bonne mise en bouche en somme.

    Malheureusement, ça se gâte avec le deuxième groupe. Therianthropy, groupe Death Metal du Luxembourg. Et que dire ??? Beh, je me suis emmerdé comme pas possible et j’ai même pas tenu la moitié du set. Et là, tu te dis : « Mais putain quel connard de haterz, même pas foutu de laisser une chance à un petit groupe. Total support à la scène UG. T’es pas metal. »
Beh, en même temps, quand les mecs se contentent de balancer de la riffaille aseptisée ultra chiante, sans aucun feeling, t’as un peu l’impression d’écouter en boucle la même chanson qui, de base, n’est même pas terrible. Imagine la rythmique de Cannibal Corpse, sans ce côté technique et t’auras une petite idée du truc. Très bof pour moi, j’ai l’impression d’avoir fait le tour du groupe en 5 minutes. Alors ouais, j'suis peut-être haterz, mais j'estime qu'au bout d'un certain temps, faut pas se foutre de la gueule du monde. Va faire un tour sur metal-archives et tu verras le nombre de groupes référencés (plus de 110 000) et ça se rajoute tous les jours. Perso, j'ai aucune envie de monter un groupe à cause de ça. On est putain en train de crouler sous la consommation de groupes interchangeables jusqu'à l’écœurement et il devient de plus en plus dure de faire le tri dans toute cette montagne de merdes. Voilà, c'est dit!

    Bon, du coup, la pause rallongée fut riche en émotions, notamment avec la rencontre d’un mec au bar qui me paye une bière sans raison aucune. En mode gros fan de vieux Hard et de Heavy metoooool, le gars a pas pu s’empêcher de pousser la chansonnette sur toutes les chansons qu’ils passaient en fond. Et bordel, une voix à faire se retourner Dio dans sa tombe. Tu vois, c’est exactement le genre de concert où tu tombes sur les vrais, et qu’il suffit pas de se la jouer misanthrope en gueulant satan pour être forcément un true. Bon après, je compare ce qui n’est pas forcément comparable, mais t’auras compris où je veux en venir (sinon cours lire ma chro du Throne Fest).

    J'en profite aussi pour parler un peu de la salle, le Titans Club que je ne connaissais pas du tout. Un bar bien sympa, tout en long, où la scène est pas mal (en tout cas, plus grande que dans les bars/concerts lillois) et les bières pas chères (QUE 2.20€ pour une Jupiler quoi!). Et puis la Carrefour Market pile à côté et une friture de l'autre, le tout sur une place avec un bon petit parking, bref, PARFAIT;

    Il est temps de finir en beauté avec Wallifornian Degeneration, groupe de Charleroi que j’avais déjà eu l’occasion de voir avec Vaginal Penetration of an Amelus with a Musty Carrot il y a deux-trois mois. Du coup je risque de me répéter un peu mais osef ! En gros, tu débranches ton cerveau et tu te crois propulsé à l’Obscene Extreme tellement les mecs t’envoient un Goregrind gamin à l’humour de Gronibard.  La même mandale dans la tronche que la dernière fois en fait et au moins c’est super, car tu sais à quoi t’attendre. Je parle de Gronibard, mais les mecs se rapprochent encore plus d’un Anal TV (ah bah tout de suite, c'est sûr, c'est moins connu) où les samplers de télé réalités sont remplacés par dialogues tout droit de je n’sais quel feuilleton de télévision wallonne. L’accent ne trompe pas en tout cas, tu sais que tu es bel et bien en Belgique ! Et puis enfin, les mecs dans le public se défoulent sans prise de tête, avec cette putain de bouée gonflable sortie de je n’sais où aha. Sans oublier l’incontournable lancé de balles de ping-pong, auxquels se sont rajoutés des bidons d’acide (vide hein…ça me semble logique mais je pense qu’il est préférable de le préciser) et du PQ à foison. Petite congratulation à l’un des deux chanteurs aussi qui s’est affublé d’un magnifique T shirt rose et d’une jupe de grand-mère. En somme, du Grind pipi caca qui fout un bon coup de fouet au moral!


    Putain, sacrée date sympathique. Merci à l'organisateur en tout cas, à la salle (encore une bien bonne découverte pour ma part) ainsi qu'au groupes! 
Et dire que je remets ça Vendredi prochain avec, une fois encore, Wallifornian Degeneration, mais aussi Anal TV justement ! Accompagnés de Unsu et Essen mein Scheisse, un « petit groupe guilleret de grindcore bruitiste minimaliste pour enfants sourds » lillois, d'après leur facebook!