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dimanche 16 octobre 2016

Noise Emission Control Release Party @ Red Studio (Douai) 15/10/2016


    Ils en auront eu des couilles Spits Asso ! Tu n’es pas sans savoir que ce haut lieu des concerts lillois connu sous le nom de La Chimère a fermé il y a quelques années. Suite à ça, les gérants ont du se démerder pour trouver d’autres salles et c’est sous l’impulsion de Staif qu’est né Spits Asso. Leurs premières dates furent organisées à La péniche de Douai (anciennement localisée à Valenciennes) et aura vu passer notamment Crowbar (rien que ça !). Du coup, une salle à 5 minutes de chez moi, j’étais en pleine joie. Oui, mais c’est sans compter la mentalité pitoyable des patrons qui n’ont jamais su gérer leurs affaires. Résultat : Spits se retrouve à la rue. Ne baissant pas les bras, les gars se démènent et trouvent une salle à Roost-Warendin (petite bourgade collée à Douai) avec une capacité intéressante. Rebelote : problème et suite à une histoire de préemption, ils se retrouvent baisés…. C’est alors qu’est arrivé la lumière, celle du Red Studio, dont j’avais entendu parler il y a deux ans avec un concert de lancement auquel je n’avais pas pu participer, mais depuis, silence radio. En fait le truc fait studio et salle de concert, mais apparemment, aucune orga n’a été branché sur la salle. C’est donc un certain soulagement que de voir que Spits se retrouvent ici-même !

    Bon alors, autant te prévenir tout de suite, je ne vais pas chroniquer tous les groupes de cette soirée. D’une part pour une raison que je t’expliquerai par la suite et d’autre part car je venais surtout voir Noise Emission Control.

    Bref, arrivés en retard, nous voici sur la fin du premier groupe : Third from the sun. Quand je dis la fin, ce fut vraiment deux chansons donc je ne pourrais pas t’en parler ici. Les mecs officient dans un rock/metal somme toute classique, mais j’ai pas tellement eu le temps de juger.

    En revanche, le second groupe, Oruga, je les attendais plus particulièrement, les ayant déjà chroniqué en ces pages. Dans mes souvenirs, ce qui avait fait défaut avec ce groupe, c’était le chant et la statique des autre membres. Eh bien force est de constater que cette fois-ci, leur Doom/Sludge aura fait mouche et m’aura beaucoup plus convaincu ! En effet, le chanteur m’a fait une bien plus forte impression. Je parlais d’un manque de nuance à la date avec Conquerors, mais ce soir, exit ce genre de "soucis" car ils n’avaient pas leur importance pour apprécier le style du groupe. Alors, je pense que le son à beaucoup joué. En effet, le Midland, bien qu’ayant subi de nettes améliorations, n’est pas un modèle d’accoustique idéal. En revanche, au Red Studio, non seulement t’as une capacité vraiment super pour une salle intermédiaire dans le Nord, mais l’acoustique y est simplement géniale ! Et du coup, pour en revenir au groupe, leur son monolithique m’a vraiment convaincu, tel un Tank t’écrasant, broyant chacun de tes os jusqu’à réduire ton crâne en bouilli, suffoquant dans la poussière et dégobillant tes tripes (pour le côté bien sale du son comme il se doit de l’être dans ce genre de styles). Sûrement leur côté Doom ultra poussé, car je trouve qu’ils n’ont de Sludge que la voix et le son d’ensemble. Enfin….Les étiquettes c’est aussi bien aléatoire selon les personnes (à moins que t’ais un ego assez surdimensionné pour penser détenir l’ultime vérité stylistique).
Je conclurai donc en précisant qu’il ne faut pas toujours rester sur une impression mitigée pour un groupe, la preuve en étant Oruga ce soir !

    Alors j’en vient à l’anecdote qui me fait t’expliquer pourquoi j’ai du louper quelques groupes. Eh bien, vu que je n’avais absolument personne pour garder mon petit bison de 4 ans et demi, j’ai décidé de l’emmener voir le début du concert. Bon, si ça avait été du Black Satanique ou du Brutal Death, ça l’aurait pas fait. Tout comme si le concert avait été cher et loin de chez moi. Mais pour le coup, les pentacles étaient en parfait alignement car 10 minutes de route, car rock/metal/punk soft (pour les premiers groupes, mis à part Oruga) et car PAF libre. De ce fait, faut quand même admettre que son premier concert metal ça m’a rendu tout chose aha. C’est vrai quoi, c’est un peu touchant, surtout quand je vois à quel point il a bien aimé éhé. Et d’ailleurs, je ne sais pas si c’était fait exprès, mais j’ai bien vu 5-6 gosses tout juste plus grands que lui ce soir-là.

    Et si je parle de ça maintenant, c’est surtout parce que les Disgrace ont tellement envoyé que même mon tio à bougé son boule dessus éhéhé. Les mecs te jouent un mix entre metal et punk somme toute classique mais putain d’efficace !!! Après, je t’avoue que je connais vraiment très peu cette scène donc je n’ai aucune référence sous le coude. Il y a quelques passages qui m’ont pas mal fait pensé aux Noise Emission Control. Et d’ailleurs, le groupe vient aussi de Douai ! Comme quoi…. Ehé ! D’ailleurs ils ont fait monter Dany, le gratteux de NEC pour chanter sur une chanson, et c’était peut-être même le point culminant du concert. Petite anecdote sympathique : les gars sont pro et ont sûrement dû rouler leur bosse au sein d’autres formations, car quand tu vois la moyenne d’âge ! Les gars ont pas moins de 40 ans et ont la patate ! Mention spéciale au bassiste, peut-être le plus âgé du groupe, vraiment à fond du début à la fin.  Et puis ce petit passage repris d’Everybody Need Somebody en final fut des plus appréciable ! Rien de plus à dire dessus, si ce n’est qu’après Oruga, ça m’a fait l’effet d’un bol d’air frais, histoire de s’aérer le cerveau avant le Stoner enfumé des groupes suivants.

    Et malheureusement, c’est à ce moment-là que j’ai dû rentrer, aie aie aie. Bon alors j’ai maté deux chansons de Spiritual Driver. Ça m’a ultra botté ! Du peu que j’en ai vu, je les ai trouvé vraiment rock’n Roll dans leur Stoner (plutôt éthylique qu’enfumé d’ailleurs), le son juste parfait pour ce genre de groupes et une voix qui gère, avec sa propre personnalité tout en respectant les codes du Stoner. Je ne peux malheureusement rien dire d’autre. J’espère juste pouvoir les recroiser au détour d’une affiche nordiste, car ça m’avait l’air tout bon !

    Je reviens donc pendant Glowsun, le temps de rentrer, mettre le tio au pieu et briefer la maternelle sur la soirée. Me voici de retour donc au début du show de Glowsun, mais le temps de retrouver les potes, s’en rejeter une dans le gosier etc…. Je me rends compte que le temps passe trop vite. Bon après, il s’agit d’un groupe que j’ai déjà vu 5-6 fois. Et encore, tu les vois vraiment régulièrement sur Lille, donc faudrait pas frôler l’indigestion. Du coup, ce n’est que partie remise car je pense que je les recroiserai forcément au détour d’une date nordiste.

    Mais maintenant faut parler sérieusement. Car si les premiers groupes m’ont laissé une bonne impression, là on parle d’autre chose. Du véritable caviar à côté de ces amuses-gueules 4 étoiles. Noise Emission Control est un groupe de Douai donc, existant depuis une bonne dizaine d’années. C’est d’ailleurs il y a dix ans que je les ai connu, en parallèle de ma découverte du metal extrême, alors que je n’étais encore qu’un simple lycéen se préparant au Bac. Une fête de la musique et HOP ! Le groupe m’a directement convaincu, à tel point que je les avais fait ouvrir lors de ma seule expérience d’organisateur de concert. Ça faisait bien deux ans que je n’avais pas pris le temps d’aller les revoir et c’était totalement l’occasion ce soir, à l’occasion de la sortie de leur nouvel EP : Désordre et mépris. Alors rentrons dans le vif du sujet. La foule se rapproche et, si jusqu’à présent, le public était assez disséminé entre l’extérieur et les concerts, on se rend bien compte qui mettra tout le monde d’accord aujourd’hui. Les mecs sont assez réputés dans le coin finalement, mais bizarrement, rameutent pas tellement de 20-30 ans. Le souci, c’est qu’ils sont trop punk pour les auditeurs de metal et trop metal pour ceux qui écoutent du punk. Alors forcément, la jeunesse à du mal. Perso, jamais eu de souci à apprécier leur High Energy Rock de bonne facture. Jamais un style n’a aussi bien porté son nom qu’avec Noise Emission Control ! Tout au long de près d’une heure de concert, on aura droit à un groupe ultra motivé, un batteur juste totalement fou et concentré à la fois sur sa batterie, un bassiste en pleine dégaine de fan de Stoner  avec sa grosse barbe, un guitariste ultra expressif et un chanteur….Diable ! Quelle énergie !!! Je ne sais pas si c’est parce que je ne les vois que tous les deux ans, voire une fois par an, mais ce concert m’a paru surpasser absolument tous les autres (et qui aurait cru que ce fut possible ??!!!). Ce qui est assez génial dans ce genre de salle et avec ce genre de groupes, c’est qu’il y a une interaction avec le public juste phénoménale, sans tomber dans un quelconque cliché du gros groupe qui demande des Wall of Death (Black Bomb A ??? aha). Non, là il s’agit surtout d’un chanteur en sueur dès le premier titre, se baladant constamment dans le public, faisant chanter les mecs qu’il voit motivé sur des refrains accrocheurs et bourré de testostérone. Et quelle comportement Messieur-dames ! Quel soif d’en découdre avec…Eh bien avec rien en particulier, juste au service de la musique, de l’énergie, du riff qui fait mouche sur fond de rythmique basique mais tellement efficace car bien incisive et chaque frappe te laissant un arrière-goût de marteau-piqueur burinant directement dans ton crâne. Aaaaaargh moi je deviens totalement taré !! Surtout quand tu entends tous les hymnes phares du groupe ainsi que de nouvelles chansons tout aussi efficaces ! Putain mais moi quand j’entends Aigri balancé à même pas la moitié du concert, je deviens totalement taré. D’ailleurs ça m’étonnais car, dans mes souvenirs, ils la jouaient plutôt vers la fin. Mais ça laisse présager un final encore plus fou donc ! Nous auront également droit à la démoniaque et possédée Lucie ("laisse Lucie faire laisse faire Lucifer" éhé) qui me retournera totalement le cerveau. Peut-être car cette chanson est plus mid-tempo mais son riffing aurait totalement sa place dans une chanson de Stoner ! De toutes manières, quand je parle au chanteur je comprends bien la foultitude d’influences dont le groupe peut s’inspirer, en assimilant les codes pour en extraire la substance qui se résume à une violence condensée comme jamais dans un groupe de ce genre. Matérialiser passe toujours plus que bien également, tout comme l'excellent nouveau titre : Désordre et mépris. Et puis ce final qui, en effet, enterre totalement Aigri, car l’enchaînement Tu t’affoles/Crève (chanson que je ne connaissais pas encore à vrai dire) est tout simplement magistral. Un peu l’impression de me rouler dans des couilles de taureau, me prenant des jets de taurine directement injectés dans les veines. Et pour rebondir sur cette scabreuse métaphore, je conclurai en t’assurant que jamais un groupe de Thrash, de Black/Thrash ou de Death old School n’a su me foutre une patate pareille. Eh oui, carrément ! Alors si t’as jamais eu l’occasion de voir le groupe Douaisien, ne cherche plus, fonce et prépare tes esgourdes, attends-toi à une déferlante d’adrénaline auditive. Et plus que ça : physique aussi, car aujourd’hui je douille à mort sur les cervicales. Je te raconte pas, même au No Compromise je ne m’étais pas autant déchaîné… Et puis, ça fait un plaisir immense d’entendre Fred me dédicacer une chanson…Un grand moment d’émotion éhé.

    Un immense merci aux groupes qui ont joué ce soir (désolé à ceux que je n’ai pas pu chroniquer du coup), au public qui s’est bougé le cul pour cette date vraiment cool, aux potes qui ont répondus présent pour cette date et surtout à l’association qui, contre vents et marées, a su garder le cap et s’en sortir !!!!

Ma prochaine date devait être ADX et Vulcain au même endroit, mais je suis absolument dégoûté et déprimé de voir que c’est Sold Out….Et dire que je pensais prendre mes préventes la semaine dernière, j’ai carrément zappé…Outch….Ça fout le bad en tout cas…. Bref, à la prochaine !



ONLY LIVE IS REAL !!!!

dimanche 24 avril 2016

Conquerors + Edremerion + Oruga @ Le Midland (Lille) 23/04/2016


    Il est de ces dates dans la région où t'as déjà vu les groupes une paire de fois, mais vu le prix abordable (5 balles) tu te dis que t'y vas quand même. Et généralement, ce sont bien souvent de bons moments où les potes et la bière font un sacré mélange! A la base, je devais aller voir Perturbator (électro John Carpenter/Dario Argento worship) sur Tourcoing Vendredi soir, mais, faute de mauvais placements capitalistes, je me retrouve sans le sou en fin de mois. Ou alors est-ce un complot des Illuminati. En tout cas, toujours est-il qu'une mâne inattendue m'a fait me décider au dernier moment pour bouger mon gras au Midland pour une date qui ne propose pas moins que du Post-black, du sludge, du brutal raw black et du black/death ce soir. Notons qu'il s'agit de Dark Moon Brotherhood derrière cette affiche presque nationale (seuls Stahlsarg étant from UK). Alors si les concerts qu'ils proposent sont vraiment différents, on peut saluer leur dévouement à faire jouer de l'UG sur Lille, à cette époque où rares sont les nouvelles assos qui se forment et où les passionnés jettent l'éponge (RIP WOTU). Même si je ne suis pas un féru de toutes leurs dates, je suis tout de même heureux de me bouger pour pas cher et, disons-le tout de go, je venais clairement pour Conquerors et Stahlsarg.

    Pour une fois, il se trouve que je suis en avance et, après une petite discussion avec quelques potes, j'apprends avec une énorme déception l'annulation de Stahlsarg au dernier moment. Faut admettre que les Rosbifs sont loin d'être les meilleurs concernant les bagnoles, et c'est à 30km de Lille que les gars sont tombés en rade et ont du faire demi-tour (une histoire d'assurance...). Bref, on se consolera devant Conquerors qui verront leur set rallongé.

    Le temps de boire deux bières et Oruga peut enfin commencer le dur exercice d'ouverture. Le truc était vendu sur l'event comme du Blackened Doom, mais finalement j'ai plus l'impression d'entendre du sludge bien gras, tantôt doom, tantôt rapide. Et finalement, après mûre réflexion, je me rends compte que c'est un énorme bordel dans cette scène. Tu sais, celle où t'entends des termes tels que "post-black", "sludge black", "blackened doom", "postcore black" ou encore "post-indus esoteric introspective and contemplative post-black post-sludge post-branlette intelectuelle". Bref, les étiquettes quoi! Je ne l'ai pas connu, mais qu'il est loin le temps où Death, Speed, Black et Thrash ne faisaient qu'un... Ceci étant dit, revenons-en au groupe. Si le chanteur se défonce en occupant la moitié de la salle en dehors de la scène (pourtant prévue à cet effet en général), le reste du groupe se contente de bouger la nuque, assez statiques dans l'ensemble et donnant l'impression de se faire un peu chier. Bon j'avoue, le style veut un peu qu'on tire la tronche. Le sludge reste quelque chose de vraiment lourd, le truc qui t'écrase comme un tractopelle lancé sur une maison de retraite : bruyant, mais t'as pas le choix que de voir le truc arriver sans pouvoir bouger. En gros, j'ai assez bien aimé, mais j'avoue que, ce qui a fait défaut je trouve, c'est le chant. Bien qu'il était à fond, j'ai trouvé que ça manquait énormément de nuances. C'est con parce que y'a du bon dans ce qu'ils font. M'enfin, pour une première partie, je me suis pas barré au bout de la deuxième chanson, c'est donc un succès.

    Le temps de faire une pause et Edremerion s'avance sur la scène. Pour être franc, j'ai loupé la moitié du concert, trop occupé à discuter par ci par là avec des potes que je vois pas souvent. C'est d'ailleurs avec plaisir que je vois David et Christine, les organisateurs du No Compromise Metal Fest ainsi que le gars de Sepulchral Voices (un groupe où la batterie tape bien, la guitare envoie et le chanteur chante bien).

    Tiens pour l'anecdote, je trouve aussi que les gérants du Midland se sont améliorés avec le temps. Je me rappelle d'une époque où t'avais pas le temps de finir ta clope entre deux groupes alors que c'est toujours un plaisir de pouvoir prendre le temps de discuter entre les groupes, c'est ça qui fait le charme de ces petits concerts, et la patron qui nous obligeait presque à rentrer pour pas traîner dehors, c'était assez lourd.

    Bref, pour l'histoire, Edremerion et moi ça fait 6,66. Pas que je les trouve ultra chiants, mais j'ai du mal à rentrer dedans. Les mecs tapent dans un black doom presque expérimental, voire post-machin chose, et c'est curieux de voir tant de groupes interchangeables dans cette scène alors que finalement, je suis ultra sélectif sur ce que j'aime là-dedans. Heureusement pour moi, j'arrive enfin à desceller quelques passages plaisants durant le concert, mais, tout comme les autres fois où j'ai vu le groupe nordiste, ça m'en a titillé une sans faire bouger l'autre. Et puis, même problème qu'avec Oruga : le chant vraiment pas top. Du coup, je me pose des questions sur la qualité de l'ingé son ce soir. Il est vrai que le Midland n'est pas un exemple de sonorisation, mais, pareil : aujourd'hui, il y a une nette amélioration. Je me rappelle d'un pitoyable concert de Azaghal il n'y a pas si longtemps à tel point que j'ai eu honte pour le groupe.
Bref, encore une fois, chez Edremerion, j'aime bien sans savoir si j'aime vraiment. Certes, ils proposent quelque chose d'intéressant, mais je préférerai limite écouter de l'instrumental. Et pour preuve : seule la dernière chanson (ou une sorte de final) m'a surpris à bouger légèrement la nuque, et pour cause : uniquement instrumentale.

    C'est l'occasion d'aller se refumer une clope, prendre une dernière bière et surtout, de faire un petit tour du côté du merch. Et pour le coup, voilà quelque chose d'intéressant! Conquerors bradent leur disco (1 CD + 1 EP) pour 5 balles les deux réunis! C'est donc sans hésitation que je me jette dessus, ainsi que sur certains cds qui me sont totalement inconnus, et une K7 d'indus noise conseillés par Jérémy de Maltkross.

    Enfin viens le moment d'apprécier le brutal black raw bordélique de Conquerors! Les mecs sont que deux, mais bien souvent, c'est pas le nombre qui compte. Regarde Urfaust ou Hats Barn (je sais vous êtes pas beaucoup à apprécier ce dernier groupe mais je vous encule cordialement avec du verre pilé) et t'en auras la preuve. Troisième essai pour ma part. Une première fois à La péniche à Douai où je ne me rappelle plus grand chose (c'est mauvais pour le foie d'avoir une salle de concert à 2min de chez soi) et une seconde fois à La Rumeur, où, bien que les oreilles bourdonnantes, j'avais fortement apprécié. Et ce soir m'aura confirmé à nouveau mon intérêt pour le groupe. Si jusqu'ici, cette soirée se profilait sous les rayons du post-black à lunettes, la tempête finira par nous achever avec ce groupe de l'Est (de la France hein, et non pas les terres du communisme sous dictature). Si tu aimes Revenge ou le Revenge-like Conqueror (sans "s" celui-ci), tu vas être servi avec Conquerors. Putain mais j'ai l'impression d'entendre de vieilles démos tout droit sorties des tréfonds de la cave d'enregistrement d'un Blasphemy ou d'un Sargeist avec un son vraiment Transilvanian Hunger Worship! Alors ça plaira pas à tout le monde, mais n'importe quel fan old-school qui ne jure que par Blasphemophagher, Necroholocaust ou Sarcofago ne peut renier un concert pareil! Bien qu'hésitant parfois dans les riffs (notamment le début du concert qui m'a parut ultra bordélique), le truc te retourne méchamment le cerveau. Et c'est justement ce côté "répète" éthylisée qui fait tout le charme du groupe. Pas la peine de tergiverser, le but c'est de jouer vite, fort, de la manière la plus crade possible (tins, ça me rappelle un mec mort il y a peu), et si parfois c'est pas carré, ce ne peut que rendre le truc plus intéressant. Bon j'ai l'air d'insister sur le côté à l'arrache, mais j'exagère quand même. Mates-moi ce batteur de malade qui tabasse ses fûts comme s'il avait Satan en personne à ses trousses. Ou alors imagine-t-il peut-être que la caisse claire est un camp de Roms et ses baguettes, une batte de baseball? En tout cas, grosse claque, comme à chaque fois!

    Nous aurons droit en prime à l'animateur ultime de la soirée! D'habitude, en concert, tu vois toujours ce mec saoul, celui qui tiens plus très droit dès le premier groupe, mais donne tout ce qu'il a tellement il veut qu'on voit sa passion. Ou alors, tu le retrouves mort-vivant dans les chiottes, un bras en appui sur la cuvette, trainant dans ces fluides à la composition étrange. Ici, ce mec (appelons-le Jean-Michel Metal) nous aura gratifié de headbang totalement PAS en rythme, exhibant ses tatouages Slayer et Deathspell Omera et le clou de la soirée : invité sur scène pour chanter cette reprise incontournable de Black Metal de Venom par Conquerors! Et le résultat en fut un véritable massacre! Je ne parle pas du groupe qui arrive à la rapidifier encore plus, mais de notre Jean-Michel Metal de fortune. Et si t'avais loupé le truc, t'inquiètes! Car en réclamant un rappel, il s'avère que nous aurons droit une deuxième fois à cette version bourrée du tube! Je suis un peu méchant, mais faut quand même admettre que le mec a fait la route depuis l'Angleterre pour venir à ce concert! Et ça, j'admire quand même!

    C'est pas tout, mais j'ai les oreilles qui bourdonnent, bien que ça soit jouissif, il est temps d'aller fêter l'anniv des patrons au bar Les Six Roses. Oui, la soirée est loin d'être termimée pour votre humble et dévoué serviteur.

    Pour résumer, deux groupes sympas mais qui m'ont pas encore convaincus, une claque habituelle pour Conquerors, une ambiance bien sympa alors que je m'attendais à une salle vide, de la bonne bière, des bonnes têtes et notre nouvelle mascotte : Jean-Michel Bourré! Et comme d'hab, merci à Dark Moon Brotherhood pour cette date!


    Je reviens la semaine prochaine avec une date gratuite cette fois : les 35 ans du Carré des Halles au bistrot de Saint-Sauveur sur Lille. Debauchery et Leng Tche, ça ne se refuse pas!